@JL
« Vous dites : ’’Qu’on enlève à la conscience l’intensité de la volonté et de l’affectif et il n’en reste rien.’’
Hum ? est-ce que n’est pas une tautologie, vu que conscience et volonté c’est quelque part la même chose ? »
Si
l’on pense que la conscience est faite d’intensité de sensations
et de l’intensité d’une volonté, c’est bien sûr une
tautologie d’ajouter que, sans l’intensité de l’affectif et de
la volonté, la conscience ne serait rien. Mais ce point de vue sur
la conscience n’est pas celui de tout le monde. En particulier pas
celui de Dehaene pour qui tout ce qui renvoie à l’affectif (les
qualia en particulier) est sans intérêt et qui pense que l’on
fera bientôt des machines conscientes sans nous dire un mot de ce
que sera l’affectif dans ces machines ni en quoi sera faite la
substance de leur volonté.
Pour
le reste, il faut bien voir que je distingue sensation et volonté
tout en les considérant toutes deux comme des formes d’énergie
psychique. Une sensation de douleur d’une intensité donnée
implique logiquement et primitivement l’existence d’une volonté
d’une intensité donnée de supprimer cette douleur (et l’inverse
pour le plaisir). Mais ma sensation de la douleur et la volonté de
supprimer la douleur, ça n’est pas la même chose, ce ne sont pas
deux réalités que l’on peut confondre, c’est si l’on veut
deux formes d’une même énergie psychique mais deux forces
psychique fondamentales distinctes.
Si
je dis que la conscience, c’est de l’énergie psychique, c’est
à peu près comme si je dis : la matière, c’est de
l’énergie physique. Ca me donne les fondements de la matière ou
de la conscience, mais ça ne m’éclaire pas sur l’aspect que
prennent ces objets matériels ou psychiques. Si je dis que le rouge,
ou le bleu, ou le parfum de la rose, ou le bruit d’une cloche c’est
de l’énergie, ça ne me donne aucune intuition immédiate de ce
qui peut faire dans le flux de mes sensations la distinction de ces
objets-là. La théorie que j’appelle le modulisme est une
hypothèse que je fais pour comprendre comment à partir de réalités
psychiques fodamentales, à partir de quelques forces psychique
simples les distinctions de ces objets pourraient prendre forme. Mais
il y a bien un immense travail conceptuel et ensuite un immense
travail expérimental pour tenter d’établir que mes hypothèses
peuvent fonctioner et nous permettre de mieux comprendre les objets
de notre conscience...