Lorsqu’il y a quelques mois l’Humanité a sorti ce texte de l’oubli, cela a produit quelques effervescences dans les milieux du PCF. Ceux qui, inconsciemment, avaient oublié que la pensée de Marx n’était pas circonscrite à un peuple, des peuples ou même un continent, mais concernait l’espèce humaine dans sa totalité, sont un peu tombés de l’armoire.
Pourtant, là comme ailleurs, le raisonnement de Marx ne perd rien de sa luminosité. De même que la baisse tendancielle du profit oblige « l’infime minorité bourgeoise » a adapter la surface des marchés où elle compte vendre les produits, que les forces productives qu’elle contrôle, produisent en de toujours plus grandes quantités ; « l’immense majorité prolétarienne » voit là, grandir, les moyens toujours plus capables de satisfaire ses besoins. Simplement, le libre échange mondialise la contradiction capital-travail et pose l’hypothèse communiste, la satisfaction de tous les besoins, à ce niveau et rien qu’à ce niveau. C’est ce que disait Fidel Castro lorsqu’il critiqua Kroutchev qui avait annoncé le communisme, en URSS, pour 1980, en faisant remarquer qu’on ne peut, sur la Terre, faire cohabiter « le paradis communiste » avec « l’enfer capitaliste ».
Par contre, peuvent coexister, et même coopérer, des nations, ou groupes de nations plus ou moins socialisées (à chacun selon son travail) avec le capitalisme à partir du moment où la bourgeoisie, de ses nations, ne contrôle plus l’état. Et c’est à partir du moment où ces nations contrôleront l’essentiel de la force de travail mondiale que la problématique du communisme (à chacun selon ses besoins) sera posée. Avec tous ses prolongements, plus d’armée, plus d’état, plus de frontières etc...
C’est donc pour cela que Marx, « pour hâter la révolution » votait le « libre-échange », et bien sûr pas pour « décaféiner » sa pensée !