et citez la fin de l’article ?
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@pemile
Je l’aurais fait si un problème technique ne m’en avait empêché. Cette conclusion de l’article est parfaitement logique. En politique, il n’y a pas d’un côté les mauvaises solutions et de l’autre les bonnes. Il n’y a souvent que de mauvaises solutions, et quelquefois pas de solution du tout. Si l’Amérique choisit (détestable solution) de fermer les yeux sur ce qui s’est passé, ce sera probablement moins calamiteux pour les Américains (gros contrats en cours) comme pour tous les états arabes du Moyen-Orient, pour des raisons que je ne développerai pas : elle sont évidentes.
On sait depuis le début qu’il y a une très forte opposition aux réformes que Ben Salmane avait prévu de mettre en oeuvre. Les oulémas sont attachés comme des morpions au wahhabisme ; on leur a passé sur le corps mais on ne les aura pas totalement ratatinés. Si le roi a soutenu le jeune prince, c’est sans doute qu’il voyait bien que l’Arabie ne pourrait pas s’en sortir, à long terme, quand la rente pétrolière serait tarie. Si, après l’étrange disparition de Ben Salmane au printemps durant tout un mois, la politique de l’Arabie est retournée au statu quo ante, c’est bien qu’il doit être très difficile de faire bouger les choses, même avec les méthodes les plus expéditives qu’on a pu voir à l’oeuvre au consulat en Turquie.
Je suppose que le fonctionnement du palais royal, à Ryad, doit ressembler un peu au sérail dans le Bajazet de Racine : on doit toujours s’y demander si derrière la porte il n’y aurait pas quelque « muet » muni de son lacet, qui vous étranglera très bien à la sortie, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.