On est en transition énergétique mais on doit aussi anticiper une mutation des transports vers l’électrique et on parle d’infrastructures qui doivent fonctionner des décennies et à un coût supportable et à risque technologique maîtrisé.
Cela fait beaucoup. On sait qu’il nous faudra bien plus d’électricité qu’en 2018 si les transports s’électrifient massivement (l’équivalent de la production de 6 EPR de mémoire) et si sur le papier un mix éolien/solaire/hydraulique/biomasse allié à la sobriété énergétique et à du stockage massif réseau, semble pouvoir tenir debout, la mise en oeuvre n’est pas simple, sinon risquée. Toutes ces sources ont l’inconvénient d’être peu denses et donc d’utiliser des surfaces (au sol, puis en mer) importantes. Elles utilisent actuellement des métaux rares (à petite échelle) et on n’a qu’une vague idée du coût du démantèlement/recyclage. Elles accroissent le réchauffement atmosphérique (éolien et solaire) et ne peuvent à grande échelle tenir sans un stockage réseau très important. A terme, la biomasse (bois et biogaz en plus de l’hydraulique) semblent un bon choix mais il faudra du stockage batteries et accepter un coût du kwh double ou triple de l’actuel.
Plus préoccupant, une éruption volcanique comme celle du Laki en 1783/1784 désorganiserait très fortement la production électrique sur des mois sinon des années, sans parler des dommages majeurs aux infrastructures.
On est partis dès le départ sur une mauvaise filière nucléaire électrogène pour des raisons connues. On ne pensait pas trop aux dangers inhérents au stockage de déchets de très longue durée, plus à la sécurité. D’autres filières existent (toutes sont explorées par la Chine) évitant l’explosion du réacteur dans tous les cas de figure, produisant des déchets dont la durée de vie se compte en siècles par en dizaines/centaines de milliers d’années. 40 ans sans recherche chez nous et l’EPR est la seule chose qu’on puisse nous imposer donc ça va se faire.