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Commentaire de NEMO

sur Du « genre » employé à tort et à travers


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Clark Kent NEMO 21 novembre 2018 16:15

Poussons au bout ces préoccupations philologiques aux implications sociétales.

Issu du latin « gens, gentis » (nation, peuple, race), et étymologiquement lié au substantif masculin français « gens » (avec un « s »), le terme « gent » (avec un « t ») est dérivé de la formule latine » jus gentium », qui signifie « droit des gens ».

En ancien français, « gens » était le pluriel de « gent », et on trouvait au moyen-age le terme « gens » actuel orthographié « gentes » au pluriel et « gent » au singulier, source de confusion s’il en est.

Puis vers 1100, le mot « gens » orthographié « genz » au pluriel a commencé à désigner un « groupe de personnes placées sous l’autorité de quelqu’un ». Le terme « gent », quant à lui, conservait son sens originel et désignait « la nation, le peuple », mais aussi « race, espèce » en fonction du contexte, sens qu’il a conservé jusqu’au XVIIe siècle.

Mais comme c’était trop simple, il se trouve que l’usage a créé au XIe siècle l’adjectif « gent », « gente », cette fois-ci issue du latin « genitus », pour désigner un individu « gentil », « noble ».

C’est à cause de ce dernier mot que « gent » se retrouve parfois, à tort, orthographié avec un « e ».

Quant aux éléments linguistiques du corpus latin intégré dans les langues germaniques, il arrive en effet qu’il nous revienne sous une forme remodelée. C’est ce qui s’est passé avec « conter fleurette », anglicisé sous la forme « to flirt », terme francisé en « flirter ».

« To support » vient de « supporter » mais signifie « soutenir »

« desperate » vient de « sans espoir » mais signifie « prêt à tout »

On reconnait un bon « young leader » à sa propension à utiliser un faux ami dans son acception anglophone.


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