Poussons au bout ces préoccupations philologiques aux
implications sociétales.
Issu du latin « gens, gentis » (nation, peuple,
race), et étymologiquement lié au substantif masculin français « gens » (avec un « s »),
le terme « gent » (avec un « t ») est dérivé de la formule latine »
jus gentium », qui signifie « droit des gens ».
En ancien français, « gens » était le pluriel de « gent », et on
trouvait au moyen-age le terme « gens » actuel orthographié « gentes » au pluriel
et « gent » au singulier, source de confusion s’il en est.
Puis vers 1100, le mot « gens » orthographié « genz » au pluriel
a commencé à désigner un « groupe de personnes placées sous l’autorité de
quelqu’un ». Le terme « gent », quant à lui, conservait son sens originel et
désignait « la nation, le peuple », mais aussi « race, espèce » en
fonction du contexte, sens qu’il a conservé jusqu’au XVIIe siècle.
Mais comme c’était trop simple, il se trouve que l’usage a
créé au XIe siècle l’adjectif « gent », « gente », cette fois-ci issue du latin « genitus »,
pour désigner un individu « gentil », « noble ».
C’est à cause de ce dernier mot que « gent » se retrouve
parfois, à tort, orthographié avec un « e ».
Quant aux éléments linguistiques du corpus latin intégré
dans les langues germaniques, il arrive en effet qu’il nous revienne sous une
forme remodelée. C’est ce qui s’est passé avec « conter fleurette »,
anglicisé sous la forme « to flirt », terme francisé en « flirter ».
« To support » vient de « supporter »
mais signifie « soutenir »
« desperate » vient de « sans espoir »
mais signifie « prêt à tout »
On reconnait un bon « young leader » à sa
propension à utiliser un faux ami dans son acception anglophone.