@Bernard Dugué
« Ce n’est parce que vous ne trouvez pas les solutions qu’elles n’existent pas. »
"Qu’est-ce que la liberté ?
Pour Condorcet, la liberté semble être liée très étroitement à l’égalité. Elle serait la fin de la dépendance engendrée par l’inégalité, l’inégalité d’instruction étant la principale source de tyrannie[38]. Castoriadis, lui, parle plutôt de la liberté radicale, face tragique de la démocratie en ce que dans ce type de régime politique, il « n’existe pas d’étalon extra-social des lois »[39], puisque le pouvoir revenant au peuple, c’est lui qui fait ses propres lois. Autrement dit, le fait de n’avoir pas de compte à rendre à un dieu ou une autre entité transcendante quelconque, implique une grande liberté, dont le pendant est le sentiment d’insécurité. C’est d’ailleurs le propre de la personne et de la société autonome - « Autos, soi-même ; nomos, loi »- que de se donner « à soi-même ses propres lois »[40]. Or, dans la presque totalité des sociétés passées et présentes, les sociétés dites hétéronomes, cette liberté radicale n’existe pas puisque :
(…) l’institution affirme d’elle-même qu’elle n’est pas œuvre humaine ; d’autre part, les individus sont élevés, dressés, fabriqués de telle sorte qu’ils sont, pour ainsi dire, complètement résorbés par l’institution de la société. Personne ne peut affirmer des idées, un vouloir, un désir s’opposant à l’ordre institué, et cela non pas parce qu’il subirait des sanctions, mais parce qu’il est, anthropologiquement, fabriqué de telle sorte, il a intériorisé à tel point l’institution de la société qu’il en dispose pas des moyens psychiques et mentaux pour mettre en cause cette institution.
39] C. Castoriadis, L’institution, supra, note 15, p. 119.
[40] Ibid., p. 118.
[41] Ibid., p. 118.
Question : Qui sera le nouvel Oedipe qui résoudra par sa créativité l’énigme ?