Là où il pousse loin l’aplomb, c’est qu’il fait comme s’il était spontanément initiateur d’un débat national, alors que c’est le mouvement protestataire qui l’a contraint à consulter le pays. En outre, il fait semblant de considérer que les revendications vont dans le sens de sa politique (« cette impatience, je la partage »), alors qu’elle lui sont opposées.
Il veut imposer les thèmes, mais également canaliser les propositions, en verrouillant les prélèvements sur les revenus du capital. Il verrouille également la question des migrants, sachant qu’une majorité du pays voudrait diminuer le flux (même ce n’est pas l’avis de l’auteur du présent article). Concernant la transition écologique, il remet sur le tapis la question d’impôts et taxes, préparant le retour des hausses de taxes sur les carburants, que la population rejette très majoritairement (même si, là aussi ce n’est pas semble-t-il l’avis de l’auteur de l’article) -la Chine et les USA ont des carburants moitié prix du nôtre-.
Absolument rien n’est dit sur l’économie, les relocalisations, les travailleurs détachés, l’importation de produits fabriqués selon des normes interdites chez nous, etc.. Mais le libre échange mondialisé fait aussi parti des totems auxquels il est interdit de toucher..