« mais ce n’est pas parce que ce n’est pas urgent ni important qu’il ne faut pas traiter ce sujet. » déclare l’auteur de cet article.
Effectivement, car cela aura au moins le mérite, dans un premier temps, d’expliquer pourquoi il en est ainsi.
Rappelons-le rapidement.
Deux grands outrages ont été faits à la femme par l’homme :
Après l’outrage sexuel, né d’une jalousie, qui consiste à l’incriminer parce que femme, c’est-à-dire à exiger d’elle la négation des fonctions de son sexe, lui faisant une honte de l’ovulation, qu’elle ne peut cependant pas entraver sans danger pour sa vie ; fonction qui, cependant, explique intégralement le mystère de l’immaculée conception, nous voyons la femme outragée dans son intellectualité, une autre jalousie. Toutes les grandes qualités de son esprit sont méconnues et attribuées à l’homme.
Le dernier mot de l’outrage spirituel, c’est la suppression, dans le dictionnaire, du féminin des noms qui indiquent une action intellectuelle : tels que inventeur, penseur, auteur, artiste, écrivain, sculpteur, etc.
Quelques hommes ont même voulu empêcher l’introduction dans la langue du mot doctoresse et prétendent que les femmes doivent s’intituler : Madame le docteur, afin d’écarter ainsi le féminin d’un mot qui indique un travail de l’esprit.
Si les œuvres des femmes sont inconnues c’est parce que l’homme (qui glorifie à outrance son sexe) ne glorifie pas la femme. Elle est toujours oubliée dans ses louanges, si bien qu’on s’est habitué à croire qu’elle n’a rien produit, que c’est l’homme qui a tout fait sans elle. Mais c’est encore là une idée renversée. Son œuvre, à elle, a été immense et toute l’antiquité a brillé de sa lumière. C’est pour cacher ce fait que les conquérants masculins ont fait brûler les bibliothèques, ou ont fait altérer les antiques ouvrages sacrés écrits par les grandes femmes qui étaient déifiées. On sait aujourd’hui que les ouvrages dont les auteurs sont restés inconnus, tels que L’Iliade et L’Odyssée, ont été écrits par des femmes.
Le Sépher (cet admirable livre dénaturé par Esdras qui en fit la Bible) était l’œuvre de la grande Marie l’Égyptienne.
Voici un exemple de ce système qui consiste à oublier la femme dans la glorification accordée aux illustres : c’est avec le travail de Sophie Germain, intitulé : Mémoire sur l’emploi de l’épaisseur dans la théorie des surfaces élastiques que l’on a fait les calculs qui ont permis d’édifier la tour Eiffel. Une fois l’édifice terminé, on a voulu y inscrire les noms des grands hommes qui se sont illustrés dans la science et, tout autour du monument se trouvent inscrits des noms, dont beaucoup sont inconnus du public. Personne n’a pensé à mettre parmi ces noms masculins celui de Sophie Germain.
Livres de Femmes…