La doctrine du péché originel, énoncée en son temps par Saint Augustin parfaitement informé sur la faute d’Adam et la Passion du Christ, se trouve au cœur de la doctrine girardienne comme l’expose avec raison l’auteur.
Il n’y a pas eu pire que St Augustin dans l’histoire des idées. C’est à lui que l’on doit la culpabilité mise sur les épaules de l’homme de façon tout à fait artificielle. Et qui fut le principal outil de gouvernance de l’Église.
René Girard en conclurait sans doute que le déni de nos origines nous rapproche chaque jour plus d’une apocalypse.
Ben Girard l’a mal lu l’Apocalypse. Car dedans il n’y a nul désir mimétique mais bel et bien dénonciation du monde de l’argent, le monde des marchands. Or ce monde ne peut exister sans désir de possession, avidité. Bref, c’est l’avidité, qui est au centre même de l’Apocalypse et pas du tout la rivalité mimétique. Ovide nous avait averti depuis longtemps. La principale caractéristique de l’âge de fer (équivalent du Kali Yuga des indiens) est l’avidité.
l’Evangile est le seul à démasquer le mythe de la violence, en rappelant « l’innocence de la victime émissaire » et en pointant du doigt « l’inefficacité de la violence sacrificielle ».
C’est faire preuve d’optimisme que de penser qu’en pointant du doigt l’innocence de la victime on va arrêter la violence. Les violents et les pervers se foutent complètement, mais alors complètement, de l’innocence de leurs victimes. Mieux, cela peut être un facteur de jouissance supplémentaire.
Enfin, pour en finir avec ma critique la nature triangulaire du désir chez Girard qui est surréaliste. Comme si le désir était de façon exclusive dirigé par le voisin. Mème si cela existe, c’est loin d’être la règle générale. Or Girard en fait une règle exclusive.
Girard est un nouveau Freud. Il sera définitivement oublié d’ici 50 ans.