• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


Commentaire de Gollum

sur René Girard philosophe politique malgré lui par Jean-Marc Bourdin


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Gollum Gollum 28 mars 2019 16:27

@Luc-Laurent Salvador

mais celui-ci reste un bon gars avec qui on peut discuter sérieusement.

Merci, c’est sympathique. Je pense le plus grand bien de votre capacité d’écoute et de dialogue également. C’est si rare sur ce site. smiley

juste histoire de vous énerver un peu plus

J’adore les taquineries, j’en abuse moi-même du reste. Mais sachez qu’il n’y a nul énervement chez moi. Je n’ai rien contre les opinions différentes vous savez.

Pour aller à l’essentiel, je dirais que reconnaître sa culpabilité est la condition sine qua non du pardon.

Sans doute. Mais il y a culpabilité réelle ou pas. Dans le cas du péché originel je n’y accorde aucun crédit, je ne crois pas à cette désobéissance qui nous aurait chassé du jardin d’Eden. Or l’essentiel de la théologie catholique (je crois savoir que cela est moins vrai pour l’Orthodoxie mais je ne suis pas suffisamment connaisseur) repose sur cette culpabilité, fantasmée, supposée, mais très lourde à porter. (Sur l’aspect historique des conséquences désastreuses du péché originel je renvoie à Delumeau, Le péché et la peur, qui montre une véritable maladie mentale collective, étalée sur plusieurs siècles, et qui a sans doute forgé notre inconscient collectif)

D’autre part il peut y avoir réconciliation à faire sans que forcément les protagonistes ne soient coupables, ni l’un, ni l’autre, par simple incompréhension mutuelle.

Enfin, dans le cadre d’un Dieu non moral, tel que celui de Spinoza, la culpabilité n’a aucun sens et n’est même pas une vertu.

Je cite Spinoza, Livre IV, proposition 54 : Le repentir n’est pas une vertu, autrement dit ne naît pas de la Raison ; mais celui qui se repent de ce qu’il a fait est deux fois malheureux ou impuissant.

Spinoza avait de même vilipendé l’humilité dans la proposition 53.

Très curieusement le célèbre dominicain Jean Eckhart rejoint Spinoza à propos du péché : Je cite ici la proposition 15 rejetée pour hérésie : Si un homme avait commis mille péchés mortels et que cet homme fût droitement disposé, il ne devrait pas vouloir ne pas les avoir commis.

Bref, nul repentance chez Eckhart, ni culpabilité. Mais
bonne disposition d’esprit et compréhension profonde.

Je vous soumet cet ancien article d’Avox.tv où je propose mes propres commentaires des aphorismes d’Eckhart : https://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/les-deux-maladies-des-yeux-76956

Quoi qu’il en soit Girard nous dit que pour survivre, nous n’avons pas d’autre option que de pratiquer la réconciliation non violente.

C’est surtout la surpopulation qui va obliger, en effet, à apprendre à réellement vivre en commun, ce qui n’est pas gagné tant on voit les esprits s’échauffer actuellement, les haines progresser.. On sait que des rats confrontés à ce problème se bouffent entre eux.

De toute façon ça ne se décrète pas la réconciliation non violente.

Soit on en est capable, soit non. Et à mon avis on va passer par une phase où l’on va se bouffer et c’est la fatigue et l’usure entrainée par la situation qui entrainera la réconciliation. Parce que cela sera moins usant et fatigant finalement.


Voir ce commentaire dans son contexte





Palmarès