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Commentaire de Benoît Delol

sur Patrimoine architectural : un petit exemple de maltraitance


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Benoît Delol Benoît Delol 30 septembre 2019 17:43

Mise à jour de l’article au 30 septembre 2019

 

À la suite d’une suggestion de Et hop ! en commentaire de cet article, j’ai écrit, le 24 septembre dernier, à l’Unité départementale de l’architecture et du patrimoine (UDAP) du Lot, dirigée par l’architecte des Bâtiments de France Pierre Sicard, afin de lui demander si son service a été amené à se prononcer sur cette opération et quelle est son analyse des modifications réalisées.

M. Sicard m’a fait parvenir une réponse dès le lendemain, que je vous livre intégralement ci-dessous :

 

Monsieur,

 

En réponse à votre message, une déclaration préalable a bien été déposée pour ces travaux, qui prévoyait une porte d’entrée pleine avec imposte vitrée, proposition acceptée au regard du mauvais état et de la faible qualité de l’ancienne porte cochère. Les travaux ne sont pas conformes à la déclaration (porte vitrée d’un caractère plus proche d’une porte sur jardin) et apparemment pas terminés (il manque l’enduit) ; j’alerte les services de la ville de Cahors pour les faire régulariser, la police des travaux étant de la compétence du maire.

 

Cordialement

Pierre SICARD

Architecte des Bâtiments de France

 

 

J’apprécie beaucoup que M. Sicard ait donné aussi rapidement une réponse à mes questions, et qu’il ait engagé une procédure en constatant un écart entre les engagements du maître d’ouvrage et les travaux réalisés.

 

Mais les informations communiquées ne sont pas de nature à atténuer la critique portée par mon article :

- d’une part, en ce qui concerne le « mauvais état » de la porte, je rappelle que c’est, malheureusement, une situation courante avec les bâtiments anciens, et que le maître d’ouvrage a bénéficié ici d’une subvention spécialement destinée à la préservation de la façade. Cette subvention aurait donc pu être utilisée pour la rénovation ou le remplacement à l’identique de cette porte ;

- d’autre part, en ce qui concerne la « faible qualité » de la porte, j’estime que l’intérêt patrimonial d’un élément architectural doit s’apprécier de façon relative (et non dans l’absolu, car tous les ouvrages ne peuvent prétendre au statut de château, palais ou autres cathédrales). Pour ce bâtiment, et dans ce contexte (avec le voisinage de monuments historiques), cette porte cochère devait être préservée, car elle constituait un élément essentiel de son identité.

 

Je vais donc continuer à explorer ce sujet, en m’enquérant du coût de rénovation ou de remplacement d’une telle porte (comme l’a suggéré également Et hop !), et en recueillant d’autres avis autorisés sur la valeur patrimoniale que pouvait représenter cette porte (en fait, les deux portes cochères de ce bâtiment).


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