"Dès que le plaisir s’estompe puis disparaît pour céder la place à une
dépendance purement vénale ou à une routine déprimante, la prostitution
triomphe.«
Le terme prostitution est tellement connoté qu’il me semble difficile de tenir un débat clair sur ce sujet, sachant de plus qu’il n’y a que des situations particulières. La prostitution définit dans le sens commun une activité dégradante (immorale et donc répréhensible selon certains) faite »volontairement« mais bien souvent par manque d’alternatives réalistes. Il y a trois dimensions : dégradant, répréhensible/immoral, volontaire
Je passe sur les cas ou le coté dégradant (activité réalisée sans plaisir et sous contrainte) n’interviendrait pas (par exemple une nymphomane, un psychopathe etc). On pourrait alors définir plus précisément la prostitution comme une activité susceptible d’être considérée comme répréhensible en tant qu’activité/action dégradante exercée volontairement en échange d’avantages.
Une prostituée agit en général dans l’état de nécessité, incapable de survenir autrement à ses besoins vitaux, et n’agit donc pas volontairement sauf à considérer l’alternative de survivre dans un état de quasi-mendicité : on peut en conclure paradoxalement qu’une prostituée n’est en général pas une pute.
Par contre, une femme dotée d’un certain niveau d’autonomie qui subirait une situation dégradante de la part de son mari mais qui resterait volontairement avec lui pour des raison de statut social pourrait clairement être assimilée à une pute.
Idem dans le monde du travail : des personnes qui accepteraient d’etre régulièrement humiliées ou d’humilier (les deux cas sont dégradants), ou qui accepteraient des »sales boulots« pour conserver un statut social bien au-dessus de leur besoins (et il y a en fait peu de besoins »sociaux" très élevés, mis à part dans les esprits vides en quete de reconnaissances vaines), peuvent etre qualifiées de putes.
Bref, je suis assez d’accord avec votre texte et Macron, la danseuse des oligarques, l’illustre à merveille.