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Commentaire de jjwaDal

sur Réformer les retraites pour baisser les pensions, c'est les ordres de l'Union Européenne


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jjwaDal jjwaDal 15 décembre 2019 13:02

Il y aurait beaucoup à dire... Il faut déjà savoir que le « problème des retraites » est la conséquence de choix politiques qui se sont cumulés pour aboutir à la situation actuelle. La démographie a une qualité qui est d’être prédictive plusieurs décennies à l’avance. L’allongement de l’espérance de vie était aussi tendanciellement prévisible sur une longue période. On a simplement oublié d’augmenter les cotisations des « baby boomers », qui payaient les retraites d’une cohorte retraitée moins riche en effectifs, eux mêmes suivis par une cohorte moins nombreuse (qui allait devoir payer la retraite de ces baby boomers) et de provisionner pour faire face à une situtation prévisible voyant moins d’actifs cotisant pour plus d’inactifs, vivant en moyenne plus longtemps.
Ce n’est d’ailleurs pas forcément un oubli, vu que l’ère du « néocapitalisme financiarisé » , débuté sous Reagan un peu partout avec quelques années de décalage, a opéré des transferts importants dans la répartition des fruits du travail, des salariés vers les fournisseurs de capitaux. Ce n’est pas un secret : si nous avions gardé les mêmes taux de répartition des bénéfices des richesses produites qui existaient en 1980 (après 40 ans d’exercice de la droite classique en France), le montant annuel des salaires versés en France serait supérieur de plusieurs dizaines de milliards d’euros par an. On augmentait le taux de cotisation sur ce montant purement et simplement volé aux productifs, on provisionnait la retraite par répartition sans aucun souci. Au pire, on séquestrait ce montant pour en faire un complément de la retraite par répartition, avec garantie pour tous d’un départ possible à 60 ans avec un montant minimal pour tous valorisé à au moins 1000 euros (somme non thésaurisable et donc injectée en boucle dans l’économie).
A peu près à la même époque, l’Etat se laissait convaincre que se faire rançonner par les marchés financiers pour couvrir ses dépenses (au lieu d’emprunter à taux zéro auprès d’une banque centrale), allait améliorer nos finances et nous éviter de « faire chauffer la carte bleue ». Que l’exact opposé se soit produit est traité par une réponse du style « cela aurait été pire autrement ». L’explosion de la dette publique après le sauvetage des banques et les conséquences dépressives induites sur l’économie mondiale n’aura ouvert les yeux d’aucun décideur. A preuve : on demande encore à la puissance publique de se serrer la ceinture pour éponger les dettes privées, sans avoir rien demandé de contraignant aux auteurs de ce forfait.
Les causes du déficit de l’Etat sont pourtant très largement imputables à des choix politiques. Pourquoi demander à la société d’éponger la misère au lieu de prendre des mesures correctives envers les causes ?
De même pour l’idéologie remise au goût du jour dans les années 1970, selon laquelle les riches créent la richesse qui dégouline vers les strates sociales inférieures et tout le monde en profite. Que 40 ans plus tard on aie les preuves que c’est totalement faux (montée des inégalités, avancée de la pauvreté et du chômage), grâce à Piketti et bien d’autres est traité par la même réponse « ad hoc ». « Cela aurait été pire autrement »...
Dans ce contexte, où on a sciemment laissé en place des mécanismes puissants d’endettement des Etats et d’appauvrissement des salariés, on continue néanmoins à dilapider l’argent public, à la demande de la commission européenne (d’intérêts privés une fois de plus, les seuls audibles). Un exemple magnifique en cours est le déploiement du parc éolien et solaire chez nous. L’exemple de l’Allemagne et l’Espagne, montre que nous sommes sur la trajectoire de dépenser 300 milliards d’euros pour rien... Les Allemands l’ont fait en conservant leur parc de centrales pilotables et sans impact visible sur leurs émissions de CO2, alors que tout indique que cela va en plus majorer les nôtres vu la faiblesse de nos émissions, conséquence de notre parc électronucléaire. L’objectif est de réduire ce parc et donc ce sont des centrales à gaz qui remplaceront des centrales nucléaires pour fournir de l’électricité, non quand il y a du vent ou du soleil, mais quand on en a besoin...
Pour résumer : un problème construit de toutes pièces, pour lequel on avait des solutions qu’on a toutes cramées en restant dans cet asile de fou qu’est devenu l’Europe. On en sortirait, avec le formatage des esprits du personnel politique actuel, qu’on irait d’ailleurs pas bien loin.
A ce niveau d’abdication de la raison, on peut parler de désastre.


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