Détruire l’appellation d’Apocalypse pour penser
l’effondrement annoncé par les « collapsologues » est une bonne chose.
En profiter pour détruire la très ancienne déformation du sens religieux de
l’Apocalypse est une bonne chose. Mais c’est une grave erreur que de glisser
vers la négation de l’effondrement.
Une remarque, « en passant », dit bien le risque : Si un
nouvel enfant avait une empreinte carbone très supérieure à
l’achat d’un 4x4 Diesel puissant, ce qui
en passant serait bien ennuyeux pour l’équilibrage de nos régimes de
retraites basés sur la répartition entre générations... Le combat actuel
pour la sauvegarde du régime de retraite existant serait en effet bien
dérisoire si la société prochaine était totalement différente... donc elle ne sera pas très différente.
C’est dans ce « donc » qu’est le pire aspect de la
bien réelle catastrophe à venir, et il faut insister sur ce point : l’annonce
de cette probable catastrophe n’est pas nouvelle. Depuis un demi-siècle, bien
des analystes de l’évolution de la société l’ont vu venir et nous en ont
prévenus : ceux du Club de Rome, Ivan Illich, André Gorz, René Dumont, Yves
Cochet, François Brune ou encore, sur les risques de mauvaise utilisation du
progrès technique, Jacques Ellul...
C’est parce que
ces penseurs n’ont pas été écoutés que l’effondrement, en réalité, n’est pas à venir mais qu’il est en cours.
Et continuer, comme le font les gouvernants et les politiciens de toutes
tendances, à nier cette réalité est le plus sûr moyen de la conduire à sa pire
réalisation.