• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


Commentaire de sebsushi

sur L'Empire contre-attaque


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

sebsushi (---.---.94.37) 18 mars 2007 01:36

relisons jérémy rifkin et notamment « l’age de l’accès » si le capitalisme industriel était centré sur la notion de propriété privée, avec ses corollaires, droit d’exclusivité et d’aliénation, le capitalisme contemporain se fonde sur la notion d’accès et vide la propriété de sa substance. Telle est la thèse développée par l’auteur de deux ouvrages célèbres, La fin du travail et Le siècle biotech, dans son dernier livre. Le paradigme de l’accès lui permet en effet d’expliquer la plupart des phénomènes économiques et sociaux de ces dernières décennies : de la réorganisation des entreprises (externalisation des services puis de la production, downsizing, liquidation des actifs et des stocks, stratégies marketing du freeware), au développement des technologies de l’information (internet, le portable, la multiplication des informations de toutes natures), en passant par l’explosion du tourisme et de manière générale de l’industrie du loisir, l’importance grandissante des marques ou encore l’émergence d’une industrie biotechnologique.

Alors qu’à l’âge industriel les rapports marchands s’organisaient sur des marchés autour de la cession de droits de propriété sur des biens matériels, le capitalisme numérique fonctionne en réseau et les échanges marchands commercialisent des droits d’accès à un certain nombre de services, durables dans le temps. L’objectif des entreprises n’est donc plus de vendre un produit définitif à un client qu’il ne reverra jamais, mais de l’abonner à un service qui doit durer le plus longtemps possible. Le consommateur n’est plus un acheteur, mais un abonné à des services multiples : prestation de soins, communications téléphoniques et informatiques, location de biens divers, informations, loisirs, etc.

Ce changement de perspective ne concerne pas seulement la grande consommation mais l’organisation même des entreprises qui depuis vingt ans externalisent leurs services internes et se débarrassent de leurs biens matériels et immobilier jusqu’à la limite extrême du « fabless » (sans fabrication) : entrepôts, usines et bureaux sont loués à des entreprises spécialisées, la gestion des données, des salariés et de la production est sous-traitée. En prenant l’exemple de Nike, Rifkin montre que l’entreprise ne fait plus que gérer une marque, c’est-à-dire un pur signe, qu’elle s’est « dématérialisée » dans un contexte économique où elle ne vend plus des chaussures, mais un ensemble de signes culturels (identité, distinction, modèle imaginaire, rêve) dont le produit matériel n’est plus que le support.

Que ce soit au niveau de la consommation ou de la production, les agents économiques opèrent par interconnexion au sein de réseaux plus ou moins spécialisés. C’est leur capacité à être et rester connectés qui détermine leur richesse économique, et non plus l’accumulation de capital ou de biens matériels.


Voir ce commentaire dans son contexte





Palmarès