Excellent article. Il y a un rapport dialectique entre la réflexion et l’information, comme on en trouve rarement.
Le sujet intègre la problématique de la globalisation : un marché mondial, de l’info, de la pub, de l’entertainment. Y a-t-il des « informations sportives » ou production d’entertainment ? Les cours de la bourse sont-ils une information ou de la propagande ? Je ressors ce vieux terme de propagande pour souligner uniquement le passage du public au privé, de la propagande à la publicité. Les changements techniques font la fortune de nouvelles industries, mais elles ruinent aussi les anciennes.
Dans ce contexte, on devrait davantage se demander si la dématérialisation ne met pas péril le capitalisme. S’il est logique de transporter les marchandises alors que l’information et donc le savoir des hommes peut voyager gratuitement. La dématérialisation au profit des signes n’est pas nouvelle, les lettres de change datent du Moyen-âge. Les transactions ont besoin de codes, de symboles identifiables et de confiance.
Il me semble que ce qui est vraiment nouveau, c’est la « pollution des signes ». La commercialisation devient plus coûteuse que la production des biens, elle investit l’information et les spectacles. Notre attention est sans cesse aspirée par des signes perturbateurs, le signe de Nike sur les casquettes, le m jaune qui identifie une marque de restauration rapide, etc. Mais je ne sais pas de quoi mon environnement est fait, la chaine technique pour produire un ordinateur et ses logiciels est énorme mais je ne sais pas combien de capital est nécessaire pour la création d’un emploi dans mon entreprise ni qui en sont les propriétaires.
La pollution des signes, c’est cela : je suis encombrée de signes qui me sollicitent en permanence pour consommer et je maitrise de moins en moins mon environnement économique, technique et social. L’information est maintenant liée au financement des annonces publicitaires, et donc l’évolution technique de la distribution de l’information dépend du recyclage économique de la publicité. Ton article, Forest, introduit remarquablement à cette problématique à la fois très importante pour notre avenir et bien difficile à faire comprendre. Rappelons-nous que la main invisible du marché remet de l’ordre, y compris dans les rangs des patrons présomptueux qui créent par exemple des sites Vivazzi sans rien maitriser du tout. La théorie libérale veut que les industries dépassées meurent, y compris l’édition phonographique...
L’industrie a merveilleusement réussi à créer des richesses et de la croissance, mais on se rend compte aujourd’hui des dégâts écologiques dont on ne mesure pas le coût. On devrait s’interroger aussi sur les risques que comportent la concentration mal maitrisée des connaissances avec la privatisation des brevets, sur les dépendances techniques, et sur l’assujettissement que provoque l’info-entertainment. Le signe, qui fait le lien entre le sens proprement humain et l’objet, est mis en péril par la profusion des objets et le tumulte des signes sans signification.
Cet article doit provoquer la réflexion au-delà de quelques jours.
26/03 00:54 - Forest Ent
Je peux le redire une fois. Je suis pour le droit à la propriété privée, donc « capitaliste ». (...)
25/03 23:54 - sito
Forest Ent nous dit ceci le 18 mars : « Presque tout le monde est capitaliste, ici ». Sans (...)
22/03 10:35 - parkway
le chat toi t’as du bol tes posts ne sont pas fermés, c’est pas comme (...)
22/03 10:34 - parkway
il est tout de même étrange que les posts de demian west soit systématiquement fermés avec les (...)
22/03 09:31 -
ET oui DW, c’est cela le 5° ! Où est le cyberdissident ? Anonyme, tu le deviendras ! (...)
20/03 09:53 - aquad69
Bonjour Forrest Ent, plutôt qu’Eros, je dirais que c’est Dionysos qui mène les (...)
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