Et quid de la productivité ?
Dans nos contrées, l’agriculture intensive existe depuis
longtemps, mais dans le système traditionnel, les ressources humaines étaient
nombreuses. On utilisait la force animale, la biodiversité était élevée et
plusieurs espèces complémentaires étaient souvent cultivées ensemble, et les
moyens matériels étaient rares ː l’intensification agricole a été fondée
pendant plusieurs siècles (jusqu’à l’apparition de la mécanisation) sur un investissement
humain dominant par rapport aux autres facteurs de production. On parlait même
de « société rurale ». Les impacts environnementaux étaient faibles.
Aujourd’hui, la situation est inversée : les moyens humains
sont remplacés par des machines ou robots, l’intensification requiert des
investissements importants et une utilisation accrue d’intrants (engrais,
produits phytosanitaires, matériel agricole, énergie). C’est ce système qui est
trop souvent désigné par l’appellation « agriculture intensive », alors que le
terme qui convient est « productiviste ». Les impacts environnementaux
y sont plus importants.
La question est moins de savoir quelle monoculture productiviste (sorgo ou maïs) calmera les émois de ces « écologistes » sentimentaux
de salons que celle de prendre position par rapport à la transformation de l’agriculture
en exploitations industrielles dont l’objectif n’est plus l’alimentation de la
population, mais le profit réalisé, en particulier par l’exportation.
Pourquoi ces « écologistes » ne s’en prennent-ils
pas aux céréaliers et aux betteraviers, grands utilisateurs de produits phytosanitaires
responsables de la disparition des insectes, donc des oiseux, etc… ?