@Eric F
Oui et j’ajouterai que les hébreux sont des cananéens et qu’ils auraient dû se massacrer eux-mêmes. Les historiens nous apprennent que ces massacres n’ont jamais eu lieu et que Jericho était déjà une ruine à l’époque présumée de Josué.
Par ailleurs, l’interprétation de la Torah pose une infinité de problèmes aux traducteurs. Traduire, c’est trahir et c’est encore plus vrai avec les langues sémitiques comme l’hébreu, l’araméen ou l’arabe. La Torah est un ensemble de traditions orales datant de l’âge du bronze compilées et mise par écrit sous le règne du roi Josias et du scribe Esdras. La transmission orale a ses propres exigences et l’histoire qui sert de support n’est justement qu’un support à la théologie et vous avez donc raison de dire qu’il faut en faire une autre lecture, plus spirituelle.
En plus le texte de la Torah est écrit sans la voyélisation, ce qui fait qu’il est possible de trouver plusieurs expressions différentes sous un même mot. Pour donner un exemple, je me bats avec les hébraïsants sur la traduction du verset 45, 7 d’Isaïe :« le formateur de la lumière, le créateur de la ténèbre, le faiseur de la paix, le créateur du mal » (trad. Chouraqui). Outre le fait que ce n’est pas cohérent avec d’autres versets de la Bible, il n’est pas possible de traduire « bara » par « créer » car on ne peut créer les ténèbres qui ne sont que de l’absence de lumière. De même, le mal peut être vu comme l’absence d’amour et si créer ne convient pas pour la lumière, pourquoi conviendrait-il pour le mal. Je traduirais donc plus facilement « bara » par « permettre » mais mes contacts hébraïsant ne valident pas tout en reconnaissant que « bara » ne peut signifier « créer » dans ce contexte. La traduction catholique officielle a buté sur la difficulté et leur texte est un horrible compromis ; il ont gardé créer et remplacé le mal par le malheur. Ici, on est sûr que le sens ne peut être celui-là.
Les Chrétiens disposent des Evangiles. Il me semble que ce qui est dit de Dieu dans les Evangiles peut très bien servir de base pour comprendre ce qui est dit de Dieu dans l’Ancien Testament. Il ne faut pas trop compter sur le Judaïsme pour éclairer notre lecture car le judaïsme d’aujourd’hui est très loin du judaïsme du premier siècle, lorsque le Temple était encore débout. Il ont, de ce fait, repensé le texte original dans les Talmud tout en rejetant l’enseignement de Jésus. Mais les Evangiles ont aussi été écrit initialement en Araméen et non en Grec. Le texte araméen, que nous connaissons encore par l’Eglise Assyro-chaldéenne, toujours araméophone, pose également des problèmes de traduction, mais bien moins complexes que l’Hébreu de l’Ancien Testament. Ainsi « les frères de Jésus » doivent être compris au sens sémitique de la famille élargie et le glaive de Matthieu 14, 26 doit être compris comme « l’objet qui sépare », donc le mot « dispute » est une meilleure traduction.