En démocratie, l’état c’est nous, sa mort politique est aussi la notre.
La constitution et les lois doivent être faites par le Peuple et non par ceux s’en prévalant ou chargés de les appliquer, Or de cela « l’état de droit » n’est qu’un mensonge de plus au royaume des menteurs.
La France n’a été une véritable démocratie qu’en de courts moments de son Histoire depuis la Révolution de 1789, elle ne l’est plus depuis très longtemps et s’installe progressivement en dictature, comme la grenouille dans une eau de plus en plus bouillante.
Il devient urgent de rappeler aux usurpateurs virant au despotisme, qui est le « souverain » dans une République digne de ce terme, il y va de notre avenir, surtout, celui de nos enfants et ce n’est pas faute d’avoir été prévenus en temps utile :
(. . .) "La
source de tous nos maux, c’est l’indépendance absolue où les représentants se
sont mis eux-mêmes à l’écart de la nation sans l’avoir consultée.
Ils
ont reconnu la souveraineté de la nation, et ils l’ont anéantie.
Ils
n’étaient de leur aveu même que les mandataires du peuple, et ils se sont faits
souverains, c’est-à-dire despotes, car le despotisme n’est autre chose que
l’usurpation du pouvoir souverain.
Quels
que soient les noms des fonctionnaires publics et les formes extérieures du
gouvernement, dans tout État où le souverain ne conserve aucun moyen de
réprimer l’abus que ses délégués font de sa puissance et d’arrêter leurs
attentats contre la constitution de l’État, la nation est esclave, puisqu’elle
est abandonnée absolument à la merci de ceux qui exercent l’autorité.
Et
comme il est dans la nature des choses que les hommes préfèrent leur intérêt
personnel à l’intérêt public lorsqu’ils peuvent le faire impunément, il
s’ensuit que le peuple est opprimé toutes les fois que ses mandataires sont
absolument indépendants de lui.
Si
la nation n’a point encore recueilli les fruits de la révolution, si des
intrigants ont remplacé d’autres intrigants, si une tyrannie légale semble
avoir succédé à l’ancien despotisme, n’en cherchez point ailleurs la cause que
dans le privilège que se sont arrogés les mandataires du peuple de se jouer
impunément des droits de ceux qu’ils ont caressés bassement pendant les
élections."(. . .)
.
.
Maximilien Marie-Isidore De Robespierre,
le 29 juillet 1792.