De mon point de vue, vous faites une excellente synthèse de l’évolution récente du système capitaliste.
Deux remarques cependant ;
il s’agit avant tout d’une évolution de forme, non de fond du système, qui repose toujours sur le principe de la capitalisation du travail d’autrui à son profit exclusif. Ici, peu importe que cet autrui soit humain ou machine, l’essentiel de comprendre étant que le profit se détermine en terme de temps de vie capitalisé. c’est là le point central qui a du mal à être intégré, autant du temps de Marx qu’aujourd’hui. Pourtant, Adam Smith (mais compris depuis déjà très longtemps !) avait déjà tout dit en écrivant que la nature offrant tout ce qu’elle produit gracieusement, seul coût son exploitation, donc, uniquement le temps de vie nécessaire, que ce soit un humain ou une machine. Et si l’économie est aujourd’hui totalement monétarisé, c’est bien en raison du fait que la monnaie est non pas la mesure de la valeur des marchandise, mais du temps de vie dédié.
La seconde remarque est que Marx avait tout de même très bien appréhendé l’évolution actuelle, même s’il commet à mon sens quelques erreurs de dialectiques, entre autre, de croire que la valorisation du capital fixe est le but du capitaliste, alors que c’est généralement le profit et exceptionnellement le capital. Il a oublié simplement que pour nombre de secteurs, le profit à son époque était indexé sur le capital. A son époque, car aujourd’hui, ce n’est plus tout à fait le cas !
Reste que le principe capitaliste ne peut pas être supprimé, ni la relation dominant/dominé, tout comme le principe de coopération, relation de solidarité et d’équité, mais peut parfaitement être maitrisé en inversant l’ordre directeur de l’économie, donc, faire passer la coopération devant la compétition entre les humains et ne conserver que la concurrence entre les projets.
Maintenant, une fois la critique passé, il faut passer à la proposition du modèle de substitution et là, ben, c’est là que la sentence de Bossuet s’applique, c’est à dire, « Dieu se rit de ceux qui vénèrent les causes dont ils déplorent les conséquences ». Je n’écris pas cela pour vous, car à vous lire, cela ne vous concerne pas, mais la majorité des opposants, si.