@DACH
Il y a une interview incroyable du général Asad Durrani, l’ancien chef de l’ISI, sur Al jazeera qui justifie de l’usage du terrorisme. A un moment, il lui est objecté que ce terrorisme avait causé, dans le seul Pakistan, 35.000 morts. Il dit que ce sont des dommages collatéraux acceptables.
Vous parlez de 1947. Je ne pense pas que nous soyons dans un maintien de ce qui existait. Je crois que la situation s’aggrave, au contraire. Le gouvernement pakistanais est en échec social, économique, militaire et stratégique. Il pratique la fuite en avant en usant de l’islamo-nationalisme avec, clairement, une vision non plus régionale mais mondiale où projeter sa nuisance (à défaut de puissance). Je ne suis pas certain que les Français aient clairement conscience de ce péril. Pourtant, Imran Khan a multiplié les signaux explicites depuis septembre 2020.
« Tant que les Talibans seront décideurs », dites vous. A mon sens, les Talibans (ou assimilés) sont indispensables aux dirigeants du Pakistan. Même si ces Talibans utilisent, eux aussi, le pouvoir. Ce système est appelé à durer. Le point de non-retour a été atteint par l’instauration de la loi anti-terrorisme et de la loi sur le blasphème. La dictature des extrémistes sunnites a été consacrée. Depuis, elle ne fait que resserrer sa poigne. Toute population non-sunnite, voire non-pendjabie, est donc non citoyenne. Elle est asservie et réduite au silence forcé, si ce n’est à la conversion forcée, aux viols et aux massacres. De fait les crimes à caractère pédophile et féminicide sont en croissance.
J’ai eu la chance d’avoir une longue conversation sur skype avec Francesca Marino. C’est, à mon sens, l’Européenne qui a la meilleure vision de ce pays (regardez ses articles, suivez la sur Twitter). Nous sommes trop occidentaux, trop rationnels pour y voir clair. Nous tentons d’y plaquer nos logiques et nos raisonnements. Nous nous gargarisons de notre proximité avec le Maghreb, pensant avoir quelques connaissances du monde de l’Islam. Mais le Pakistan, ce n’est pas ça. C’est un autre monde totalement « alien », si ce n’est aliéné avec la bombe atomique et près 200 millions d’individus qui n’ont rien à perdre, ni à espérer..