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Commentaire de Laconique

sur Selon la Bible, l' Éternel a donné le Pays de Canaan aux Hébreux, puis l'a restitué aux 'Arabes'. Ceci bien des siècles avant Jésus-Christ


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Laconique Laconique 20 mai 2021 16:07

@facta non verba

« avis de bibliste (…), textes sacrés, dont ils se plaisent à souligner la profonde débilité »

Vous voyez, cette simple phrase montre toute votre partialité et disqualifie votre propos. Un bibliste qui trouve les textes bibliques absurdes n’est pas un bibliste, tout simplement. Le plus agnostique des biblistes leur accorde au moins un intérêt anthropologique, qu’ils ont eu incontestablement à un moment de l’histoire.

« Au fait, puisqu’il faut ignorer le sens littéral, préférez-vous l’allusif ? l’exégèse ? le mystique ? Ou bien faites-vous partie des seuls initiés autorisés à comprendre. »

Il faudrait tout reprendre depuis le début et je ne vais pas le faire ici. Le point de départ est au moins de considérer que ce sont des textes qui ont été produits dans des contextes différents, avec des finalités différentes, et de ne pas tout aplatir comme le fait malheureusement souvent JP Ciron. Chaque texte de la Bible est doté de plusieurs dimensions. Rappeler l’exode d’Egypte au moment de l’exil à Babylone a une fonction de consolation et de promesse qu’il faut prendre en compte. On ne peut pas le lire platement comme un récit historique. Il y a toujours cette triple dimension dans les récits bibliques : souvenir (du passé) – consolation (pour le présent) – promesse (pour l’avenir). C’est de l’herméneutique de base. Et cela vaut aussi pour le récit de la conquête de Canaan, qui traumatise tant de monde ici. Lire cela au premier degré sans considérer les autres dimensions c’est défigurer le texte. C’est la lecture que faisait Voltaire et que beaucoup font ici. C’est méconnaître les différents niveaux de lecture de l’Écriture, connus depuis deux mille ans, c’est avoir deux mille ans de retard. Et c’est la Bible elle-même qui enseigne à la lire ainsi : il est toujours question de souvenir (« Souviens-toi Israël »), de consolation et de promesse. Les trois dimensions sont inséparables. Dans le malheur, on se souvient du passé, et on espère pour l’avenir. Il ne faut jamais limiter le texte à sa signification événementielle. Lorsque le Christ lave les pieds des disciples, il leur dit ensuite : « Comprenez-vous ce que j’ai fait ? C’est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez... etc. » (Jn 13, 13). Mais lire le texte sans chercher à comprendre l’Esprit qui l’a dicté, c’est se condamner à des contre-sens patents, vraiment puérils. C’est une mentalité moderne, totalement étrangère aux auteurs des textes, et qui n’est pas apparue avant la Renaissance.


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