Peut-on en 2021, regarder la révolution socialiste comme avant la chute de l’URSS et l’avènement de la Chine en tête de gondole contre l’impérialisme US ?
S’il est vrai que la mort de Lénine, (conséquence du coup de feu de la SR Nelly Kaplan en 1918) à 54 ans, fût catastrophique ; force est de constater que la succession fût calamiteuse. Si Trotski avait raison, contre la démagogie volontariste du « socialisme dans un seul pays » de Staline, il avait tort de beaucoup négliger le retard de l’accumulation primitive du capital en Russie. Retard qui n’a jamais été rattrapé par l’URSS et que seule, la Chine de DengXiaoPing a réellement engagé à partir de 1980, avec les résultats que l’on connaît, avant même le terme annoncé par Deng en personne (2030).
Jusqu’à Deng, personne, pas plus Trotski que quiconque, n’avait osé proposer la reprise de la NEP que Lénine avait annoncée pour « plusieurs générations » (Discours au Soviet de Moscou en 1922). Personne ne voulait entendre que le capital n’était pas que matériel, mais aussi, dans une large mesure, intellectuel, résultat d’une accumulation d’expériences qu’on ne pouvait obtenir qu’en négociant avec les bourgeoisies les plus avancées dans le capitalisme, USA et Allemagne d’après Lénine.
On écoutait respectueusement Lénine, mais comme Staline, Trotski considérait la NEP comme une politique provisoire, quelques années tout au plus. Dès mars 1918, en réponse à Kautski qui réclamait l’abandon de la révolution en Russie (trop arriérée...), Lénine définissait le « capitalisme d’état », qui avait tout du capitalisme, sauf qu’il ne commandait pas l’état mais était commandé par lui. Comme on peut, aujourd’hui, le constater en Chine (ex:Jack Ma...).
Alors on peut toujours épiloguer sur les crimes des uns ou des autres, Staline battant Trotski de plusieurs longueurs, sans oublier que, sur ce terrain, les champions, toutes catégories, sont les diverses bourgeoisies de la planète, qui se cramponnent, encore et toujours, et par tous les moyens possibles et imaginables, à leurs privilèges.