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Commentaire de Décoder l’éco

sur Mélenchon et le nécessaire débat sur la « fin de vie »


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Décoder l'éco Décoder l’éco 6 avril 2022 12:10

Avant la gauche se battait pour avoir le droit de vivre décemment, maintenant c’est pour avoir le droit de crever.

Il est assez intéressant d’entendre Mélenchon exprimer les 3 points qu’il souhaite voir inscrits dans la constitution :

1 droit à l’avortement (donc de tuer un foetus)

2 droit à la fin de vie (donc de buter des gens s’ils le demandent)

3 droit à la détermination du genre (donc droit à ceux qui se sentent à l’étroit dans une case de changer pour la case d’à côté. Je n’ai aucun doute quant au fait que le summum du progrès sera atteint lorsque de nouvelles cases seront accordées. On résumera donc ce débat à un problème de case en moins).

Pour revenir à cette idée de mort, l’idéal d’une société n’est-elle pas celle où personne n’a envie de mourir et ou toute vie est sacrée ?

En mettant à la mode l’euthanasie, on passe tranquillement d’une société d’intérêt pour son prochain à une société où lorsqu’on est incapable de se démerder tout seul, on a qu’à se faire euthanasier. Ne faites pas semblant de faire les choqués, c’est exactement ce que vivent les parents d’enfants handicapés. Plutôt que de développer des structures d’entraides et de soin, on reproche aujourd’hui aux parents « de ne pas avoir avorté ». Parents qui sont vus comme des « rétrogrades », voire extrémistes religieux faisant porter un « fardeau » (intégrer un gamin) à la société. (Et non, je ne suis ni croyant ni n’ai d’enfant handicapé, j’ai juste des connaissances qui le vivent, et des amis professionnels d’éducation qui ont vu leurs moyens se réduire en même temps que cette société pourrit.)

Il suffit d’ailleurs de lire quelques textes de ces défenseurs de l’euthanasie pour réaliser l’état de décrépitude de notre société. Vouloir en terminer parce qu’on n’accepte pas de se voir vieillir ou devenir dépendant, c’est soit une maladie psychologique, soit le résultat d’une propagande médiatique qu’on a la flemme de combattre. Il est plus facile de défendre l’euthanasie plutôt que d’héberger ses vieux et de leur torcher le cul. Pis payer quelqu’un pour le faire correctement ça coûte cher et qu’est-ce qu’il va rester de l’héritage de mamie après ?

Enfin, vu le nombre de manières qui existent d’en finir, ce débat sur l’euthanasie n’a absolument rien à voir avec le faire de permettre aux gens de mourir, mais de leur permettre de donner la responsabilité à quelqu’un d’autre. Il s’agit bien de peur et pas de courage, et surtout de se dédouaner. 

C’est au passage assez intéressant de voir autant de personnes masquées par peur du virus dans une manif pour avoir le droit de mourir. Enfin, on n’est pas à une contradiction prêt.

Pour l’avortement, on note également le désintérêt total pour les conditions de vie des jeunes femmes. Le seul rempart moral qu’il pouvait exister quant au fait de les laisser

crever était les gosses. Le pendant de la politique de l’avortement a bien été celui de l’individualisme total : t’as pas les moyens d’élever un gosse ? T’as qu’à avorter. La société idéale est celle où on essaye de faire baisser le nombre d’avortements, qui montrerai que finalement cette pratique n’arrive que dans des cas extrêmes, et pas une société où le Ministre s’inquiète dans les médias de la baisse du nombre d’avortements pendant le confinement (alors que la hausse de décès dans les EHPAD des vieux terminés au Rivotril on s’en fout) et où tout le monde trouve ça normal.

J’écris tout ça alors que j’ai bien défendu le droit à l’avortement, à l’euthanasie et même celui de ne pas inscrire son sexe sur les actes administratifs puisque ça ne regarde pas l’Etat. Seulement, je ne peux que constater que ces idéaux humanistes servent avant tout de prétexte à détruire ce qui fait le liant d’une société : le souci de l’autre.

Bref, ce monde n’en finit pas de m’étonner. La nouvelle gauche c’est celle qui s’est laissée convaincre par les arguments grossiers néolibéraux les plus extrêmes, et qui veut permettre aux gens dont la société ne veut pas, de crever (oui mais dignement). Même Malthus n’avait pas prévu qu’on allait les aider.


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