@Jean Keim
Mais c’est pour ça que le principe de soumission « inconditionnelle » à l’autorité est conditionné dès la petite enfance et ensuite dans la vie sociale et professionnelle, pour nous dispenser de tout état d’âme lors de l’exécution de la demande. Les nazis se sentaient couverts entièrement par le fait d’avoir exécuté les ordres (quels qu’ils soient). Certains étaient manifestement étonnés qu’on leur reproche d’avoir exécuté les ordres reçus...
Tout le monde gagnerait à revisiter le mythe d’Antigone.
La psychologie explique très bien pourquoi il est plus facile de se soumettre que de revendiquer une limite à son obéissance. Tu préfères avoir ta vie détruite maintenant, tout de suite, sinon la mort, à l’exécution d’ordres dont tu verras marginalement les conséquences ? Souvent l’ennemi est tué à distance respectable et on ne sera pas confronté à son dernier souffle. Facile d’être « pro guerre » dans un sondage (Voir le commentaire de Garev), plus difficile de regarder la mort en série de civils en face. En 2014, j’ai vu les corps calcinés dans la maison des syndicats à Odessa, une femme de ménage enceinte pendu avec un cordon téléphonique, un peu plus tard, une jeune femme superbe en robe d’été étendue dans la rue. Elle avait perdu la tête, un obus l’ayant percutée. On ne reste pas longtemps impassible devant de telles images en se déclarant « pro guerre ». Ne laissons pas un désir compréhensible de vengeance nous faire perdre la raison.