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Commentaire de Jean Dugenêt

sur Person of the year 2022 ? (suite)


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Jean Dugenêt Jean Dugenêt 1er juin 2022 13:54

@Séraphin Lampion
Merci pour ce rappel. Allez, pour ceux qui veulent réviser la leçon, je fais un rappel sur le rôle de l’ONU.

Le rôle de l’ONU

Dès la libération, l’ONU vient remplacer la SDN (Société Des Nations) qui avait été créée à l’issue de la première guerre mondiale en 1919 pour « promouvoir la coopération internationale et obtenir la paix et la sécurité ». Au printemps 1945, les représentants de 50 pays se sont rencontrés lors de la Conférence de San Francisco. Ils ont élaboré la Charte des Nations Unies. Le 24 octobre 1945, celle-ci est signée puis ratifiée par 51 États désignés comme Membres Fondateurs. L’Organisation des Nations Unies est ainsi officiellement créée.

L’ONU, tout comme la SDN, émane des Etats qui sortent vainqueurs d’une guerre mondiale. Ils cherchent à mettre en place une organisation qui est censée permettre de négocier et d’arbitrer d’éventuels conflits pour éviter qu’ils dégénèrent à nouveau dans une guerre. L’ONU se présente naturellement comme une organisation parfaitement neutre par rapport aux politiques diverses qui peuvent être menées par chaque pays. Mais, en fait, l’ONU privilégie le maintien de la configuration déjà en place c’est-à-dire un monde dominé par l’économie capitaliste. L’ONU reconnaît des Etats mais, en fait, elle reconnait surtout les représentants des Etats. En cas de révolution elle répugne toujours à reconnaître la nouvelle autorité d’un pays et elle nie l’existence des Etats dont les grandes puissances ne veulent pas. Actuellement, l’ONU ne reconnait ni la République Arabe Sahraouie Démocratique ni la Palestine (Quelle est l’autorité qu’elle reconnait en Lybie ?). L’ONU comme la SDN est par nature conservatrice et elle se plie souvent aux volontés du plus fort en s’adaptant d’ailleurs aux évolutions de la situation internationale. Ainsi, la SDN a cautionné la poursuite de la colonisation entre les deux guerres avec la fin de la conquête du continent africain. Ensuite, l’ONU a cautionné la répression armée des mouvements de libération nationale dans les colonies notamment lors de la guerre d’Algérie et aussi avec la répression du colonialisme Portugais vis-à-vis des tentatives d’émancipation dans ses colonies. De multiples interventions américaines ont été justifiées officiellement par la défense des valeurs de la démocratie libérale, en particulier le droit de la personne. L’idéologie anticommuniste a toujours prévalu : toute remise en cause du système libéral était présentée comme le résultat d’un complot… Dans ces cas, le droit international était à peine évoqué. Finalement, la configuration des rapports de forces permet aux États puissants tantôt d’utiliser la règle de droit, tantôt de la violer sans risque sérieux de subir des sanctions. Ainsi la Cour internationale de Justice ne s’est pas prononcée dans l’affaire du Nicaragua sandiniste. Dans d’autres cas, les directives de l’ONU ne sont pas appliquées et aucune sanction n’est prise. La réglementation du recours à la force est ainsi enfreinte par ceux-là mêmes qui l’avaient préconisée et instituée. En droit, les règles continuent de s’appliquer à tous mais, en fait, elles ne s’appliquent qu’à certains États. Il y a là une contradiction entre l’image de neutralité que veut donner l’ONU et la réalité. L’ONU reste une organisation réactionnaire.

D’ailleurs, c’est le Conseil de sécurité qui détient le pouvoir d’autoriser une action militaire contre un État voyou. Mais, ce Conseil de sécurité compte cinq membres permanents, chacun d’entre eux disposant d’un droit de veto, ce qui signifie que les cinq pays concernés (les États-Unis, la Chine, la Russie, la Grande-Bretagne et la France) sont ainsi à l’abri de toute censure autorisant une action militaire par les Nations unies. Seuls les pays « faibles » peuvent être sanctionnés.

Il est assez pitoyable de voir des militants qui se réclament du mouvement ouvrier se référer aux « règles de droit international » sans aucun recul par rapport aux dîtes « règles ». (Quand ce sont les réactionnaires de la coalition de l’extrême-droite, c’est normal).


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