@Lynwec
Ce principe selon lequel un pays n’est pas une démocratie quand sa population délègue sa direction politique à des représentants est bien une idée d’utopistes oisifs ou inconscients des réalités pratiques !
Mais vous avez raison de constater qu’on ne trouve pas de démocratie directe à l’échelle du pays car, de fait, elle est irréalisable.
En effet, il n’est tout bonnement pas pertinent de croire possible que tous les citoyens puissent en permanence s’intéresser et prendre part à toutes les affaires du pays. La tâche est bien trop grande et les gens ont bien d’autres choses à faire par ailleurs. Pour y parvenir, même nos représentants (qui sont pourtant censés occuper ce poste à plein temps) sont forcés de déléguer la plus grande part de cette tâche à d’autres personnes qui les représentent à leur tour.
À ce niveau, une démocratie directe totale aboutirait à l’impuissance de tous. C’est la raison pour laquelle, à l’échelle d’une nation, la démocratie est nécessairement représentative.
Ce modèle politique reste démocratique dans la mesure où les citoyens disposent des moyens effectifs de choisir leurs représentants, de connaître, comprendre et contrôler leurs choix et leurs agissements, et de les révoquer rapidement si nécessaire.
Ces critères ne sont manifestement pas remplis dans notre pays actuellement.
Par ailleurs, la souveraineté et la démocratie (qu’elle soit directe ou représentative) recouvrent des concepts différents.
La démocratie rappelle qui détient le pouvoir (directement ou indirectement) et pour qui il est exerce (en l’occurrence le peuple, pour le peuple).
La souveraineté caractérise quant à elle l’indépendance du pouvoir vis-à-vis d’autorités supérieures ou étrangères, sans s’intéresser à qui possède ou représente ce pouvoir ni au bénéfice de qui celui-ci est exercé.
Ainsi, un régime ne peut pas être une démocratie s’il n’est pas souverain. Mais rien n’empêche un régime souverain d’être une monarchie ou une dictature.
Il est essentiel d’assurer la démocratie représentative, et pour ce faire il est nécessaire, mais pas suffisant, d’assurer la souveraineté.