• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


Commentaire de Garibaldi2

sur Quand 4 généraux français s'expriment


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Garibaldi2 6 mars 2023 18:57

@Gérard Luçon

‘’Les mémoires de R. Kennedy et l’ouvrage d’A. Schlesinger avaient dévoilé l’existence d’un accord tacite sur le retrait des missiles de Turquie. Farouchement démenties à l’époque, ces informations sont aujourd’hui confirmées.’’

https://journals.openedition.org/conflits/602?lang=en


‘’En contrepartie de ces décisions apaisantes, Khrouchtchev a obtenu deux choses. En premier lieu, la levée du blocus et l’engagement pris par les Américains de ne pas envahir le territoire cubain. D’autre part, la promesse faite par Kennedy de démanteler des bases de missiles à moyenne portée (Thor et Jupiter) installées en Turquie. Depuis la révélation qui en a été faite en septembre 1982 par plusieurs anciens collaborateurs du président américain (Dean Rusk, Robert McNamara, Sorensen, George Bail, McGeorge Bundy, Roswell Kirkpatrick), nous savons que l’assurance de retirer les missiles de Turquie a été donnée en privé à l’ambassadeur Dobrynine par Robert Kennedy dans la soirée du 27 octobre, peu de temps après que Khrouchtchev en eut fait publiquement la proposition. La Maison Blanche demanda seulement que cette promesse demeurât secrète, de façon à ne pas apparaître comme « une concession forcée accordée sous l’effet de la peur et aux dépens d’un allié  », ou comme un pur et simple marchandage. En fait, si satisfaction fut donnée aux Soviétiques sur ce point, ce fut surtout pour permettre à Khrouchtchev de ne pas perdre la face devant les militaires et devant ses collègues du Politburo. Il est en effet établi que Kennedy était décidé, dès l’année précédente, à retirer les missiles démodés et vulnérables installés sur le territoire turc (ainsi qu’en Grande-Bretagne et en Italie) au profit des fusées Polaris, embarquées dans des sous-marins. Le retrait des fusées de Turquie commença effectivement au début de 1963.’’


https://www.lhistoire.fr/la-crise-de-cuba


En fait, il n’a jamais été établi que Kennedy avait décidé de retirer ses missiles en Europe.


Même document :

‘’L’atmosphère est donc à la détente lorsque parvient à Washington une seconde lettre, beaucoup plus intransigeante que la première. Pour sortir de l’impasse, Robert Kennedy suggère que son frère réponde à la première lettre et ignore la seconde, ce qui est fait en même temps que des assurances de la bonne volonté américaine sont données à l’ambassadeur d’Union soviétique. Les dés sont jetés.’’


Il est de bon ton de présenter le ’’moujik’’ Khrouchtchev comme étant le perdant dans cette affaire, mais en fait il n’en est rien. Khrouchtchev voulait le retrait des missiles de Turquie et d’Italie et il l’a obtenu, et ce ne fut pas une initiative de J-F Kennedy :


‘’Le 28 octobre 1962, le jour même où Nikita Khrouchtchev annonça publiquement le retrait des missiles balistiques nucléaires que ses forces avaient déployés sur l’île de Cuba, le chef de l’État soviétique adressa un courrier confidentiel au président américain John F. Kennedy, au sujet de l’issue pacifique trouvée à la confrontation entre superpuissances la plus dangereuse de toute l’histoire moderne. Officiellement, l’Union soviétique acceptait de retirer ses missiles en échange de la garantie américaine de renoncer à tout projet d’invasion de Cuba. En réalité, pourtant, la crise ne fut résolue que lorsque le président Kennedy envoya, le 27 octobre au soir, son frère Robert en mission auprès de l’ambassadeur soviétique Anatoli Dobrynine pour lui proposer un marché ultrasecret : les missiles américains en Turquie contre les missiles russes à Cuba.

« J’ai le devoir de vous dire que je comprends combien il est délicat pour vous de prendre en considération l’idée d’un démantèlement des missiles américains basés en Turquie, apprécia Khrouchtchev dans sa lettre à Kennedy, cherchant à obtenir une confirmation écrite de l’arrangement. Je prends en compte la complexité de ce sujet et je pense que vous avez raison dans votre souhait de ne pas en discuter publiquement. »

Dobrynine remit la lettre au ministre de la justice Robert Kennedy au cours d’une seconde rencontre, le 29 octobre. Mais au lieu de la transmettre au président, ce dernier la rendit à l’ambassadeur soviétique en lui donnant l’explication suivante : les États-Unis ne manqueront pas d’« honorer leur promesse, même si elle est donnée verbalement », mais sans laisser aucune trace écrite. « Moi-même, par exemple, je ne souhaite pas prendre le risque de m’impliquer dans la transmission d’une lettre de cette nature, car qui sait où et quand de telles lettres peuvent refaire surface ou être publiées »

https://www.monde-diplomatique.fr/2023/01/KORNBLUH/65417



Voir ce commentaire dans son contexte





Palmarès