@ Fergus,
Bonjour et merci de cet article qui permet de nous remémorer des moments tragiques vécus par les Marseillais et les Provençaux.
En effet, la grande peste de 1720 a provoqué autour de 100 000 mort à Marseille et en comptants les « terroirs » et la Provence jusqu’aux confins du Languedoc, 200 000 morts environ.
Cet épisode tragique a marqué définitivement les esprits. La peste, qui est partie de la Paroisse St-Martin (qui n’existe plus), dans la Vieille-Ville, quartiers insalubres et très peuplés, s’est répandue à une vitesse fulgurante et a gagné tous les quartiers de Marseille. Toutes les couches sociales ont été touchées par cette maladie terrible.
Le Grand-Saint-Antoine est arrivé de Seide ou Seyde (actuelle SaÏda) Syrie — Cette ville était située sur les Echelles (comptoirs commerciaux répartis tout au long du pourtour Méditerranéen) avec un chargement de toiles de grande valeurs, au profit des « Commandites » (c’est-à-dire des riches armateurs de Marseille, propriétaires des bâteaux de commerce. Les rouleaux de toiles étaient contaminées par la puce du rat noir. Des rouleaux de toiles furent sortis du bâteau clandestinement par des matelots pour alimenter la contrebande de marchandises qui alimentaient la vieille-ville. Ce genre de trafic avec la grande misère qui régnait dans une partie de la population marseillaise, était très fréquent. Malheureusement la marchandise contaminée fut la cause de la propagation de la maladie.
Le Grand-Saint-Antoine était un vaisseau commercial d’origine hollandaise, (une fluit), commandé par le Capitaine Chataud, dont la responsabilité fut reconnue qui fut arrêté et condamné à un séjour dans les geôles du Chateau d’If, et en ressortit en 1723. Chataud était rentré au port avec des « patentes nettes » délivrées par les autorités portuaires des Echelles, alors que la peste se trouvait sur le bâteau et pendant le trajet avait causé une dizaine de décés.
Les religieux très nombreux à Marseille jouèrent un rôle très important pendant la peste, beaucoup se sacrifièrent auprès des malades, comme l’admirable monseigneur de Belzunce. Parmi les civils, l’emblématique Chevalier Roze, personnage inoubliable de Marseille.
Après la peste de 1720, la configuration de la ville, du point de vue urbain fut transformée. On abattit les murailles et ouvrit les portes de Noaïlles, pour aérer le centre de la ville, jusqu’au Port.