PS : Ministre de la Propagande de 1933 à 1945, il est une figure du « Mal » : sa propagande a envoûté le peuple, c’est lui qui a permis au régime nazi de s’installer et de persister. Elke Fröhlich dénonce cette posture, car rien ne prouve que la propagande de Goebbels ait été efficace. (note) « La question de l’influence réelle de la propagande nazie dans son ensemble reste ainsi, pour l’instant, un problème non résolu. Quant à l’impact de la propagande spécifique de Goebbels et ses limites, la question n’a même pas encore été posée de façon explicite. » (Elke Fröhlich, « Joseph Goebbels, profil de sa propagande (1926-1939) », in Joseph Goebbels, Journal, 1933-1939, Paris, Tallandier, 2007, p. 51)
Une récente étude d’Aristotle A. Kallis, concernant la propagande nazie pendant la guerre, en souligne les limites. D’une part, elle dénonce l’idée d’une propagande totalitaire, totale, incompatible avec le caractère polycratique du pouvoir nazi. D’autre part, même si l’étude d’Aristotle A. Kallis ne se centre pas sur la réception de cette propagande, mais sur les structures de sa production, elle dénonce la facilité avec laquelle on attribue à la propagande un pouvoir magique de lavage de cerveau, qui déculpabilise les acteurs et évite de poser la question du consentement. Sa conclusion est claire : la propagande « ne peut pas lobotomiser une société moderne et complexe en un peu moins de dix ans, si toutefois elle peut y arriver tout court. Elle peut changer petit à petit les perceptions de son public ; mais elle ne peut pas le faire sans un certain consensus et sans des échecs partiels ». La structure polycratique était un obstacle au projet totalitaire, et le peuple allemand pouvait aussi bien résister que consentir à ces messages.