Les écologistes n’ont pas toujours été natalistes. Retour en arrière :
Il faut faire une « grève des ventres » et cesser le « lapinisme phallocratique », lançait, avec sa verve habituelle, la militante écoféministe Françoise d’Eaubonne dans le Féminisme ou la mort. C’était dans les années 1970. « La démographie a constitué le premier argument central pour faire le lien entre écologie et féminisme, dit Jeanne Burgart dans Le Nouveau magazine littéraire. À l’époque, les écologistes s’inquiètent de la surpopulation galopante, cette « bombe P » (comme population) qui menace d’épuiser les ressources naturelles ; les féministes revendiquent le droit des femmes à maîtriser librement leur pouvoir reproductif par la contraception et l’avortement : la question démographique est donc à la charnière de ces deux mouvements. »
La Bombe P, c’est le titre du livre de Paul et Anne H. Ehrlich [1] qui a popularisé cette idée. Il préconisait des mesures incitatives et coercitives pour contrôler la population. Et partout dans le monde, des États ont effectivement tenté de limiter le nombre de naissances. Pas par nécessité écologique, mais par volonté de développement économique, selon la théorie malthusienne. La Chine, qui a mis en place la politique de l’enfant unique pendant trente-cinq ans, assure qu’environ 400 millions de naissances ont ainsi été évitées et que cela a nourri le développement économique du pays.