@alinea
Je n’ai pas parlé de reniement mais de duplicité, de faux-semblant, d’apparence, tout ce qui fait la matière des pièces de Shakespeare en somme, lorsqu’un personnage se trouve déguisé et prend une apparence qui met en confiance là où il faudrait être dans la défiance.
Ce que tu appelles domestication, je l’appelle infantilisation, mais ça fonctionne pareil sous le rapport de la confiance : elle amène une soumission à l’autorité qui est fondamentalement malsaine car elle constitue un renoncement à l’autonomie.
Il est clair qu’il nous faut lutter contre cette propension qui consiste à faire confiance sans modération car c’est tellement plus confortable. On ne se fait plus de souci, on fait confiance. Les humains n’ont plus peur de la guerre, ils font confiance à la bombe atomique qui les protège depuis huit décennies. Sauf qu’un jour, elle va leur tomber sur la poire et ils ne pourront rien faire pour l’arrêter.
Donc, oui, la défiance et la suspicion, est un devoir citoyen à l’égard des autorités. Sauf que dans une « démocratie » représentative, on ne peut pas faire confiance à nos élus pour surveiller l’exécutif car ils font partie de la même famille, l’élite. Autant demander à des loups de surveiller des loups afin qu’ils n’abusent pas des moutons.
On voit bien ici que la confiance en l’autorité consiste dans le fait de lui confier sa part de « pouvoir », ce qui en retour l’oblige. L’autorité est (normalement) notre obligée, elle a pour premier devoir de nous protéger. Mais ça fait belle lurette que l’homme de pouvoir est un loup pour l’homme du peuple.