Permettez que je ne lise pas cet article ; mais que je vous donne à lire un petit extrait d’un livre de Alain Chany :
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Une histoire de blaireau
« J’aimerais être un blaireau...dans son trou.. Je sortirais mon museau
du terrier et puis je reculerais si je vois quelque chose qui fait
peur...Ça doit être bien d’être un blaireau...La nuit je chasserais, je
grignoterais des racines...je poursuivrais mes femelles dans les ravins
tapissés par les feuilles sèches des vieux fayards... Le jour, je me
reposerais.. Qu’est-ce que tu aimerais être, toi ? »
Je lui réponds qu’en effet le blaireau c’est bien. Je lui rappelle pour
mémoire que le blaireau est un animal qui travaille peu à l’édification
du Socialisme mais ne se lance pas dans le commerce, dort quand il gèle
trop fort, fait du gras en toute saison, ne supporte pas qu’on le
réveille pour rien, est végétarien à 84% pour son foie mais se passe de
yoga, est appareillé de membres courts mais suffisants pour fuir l’homme
et les pare-chocs de ses nouveautés, de fortes griffes pour faire son
trou, et d’un nez pointu pour sentir les choses qui viennent de loin. En
outre il pue à volonté pour épouvanter l’huissier à tête de fox. Il
nous surpasse sur toute la ligne ; quoiqu’il se rapproche, en certains
points à remarquer, des paysans qu’on trouve encore dans les gorges de
l’Allier.