Communiqué du CICNS [Centre d’Information et de Conseil des Nouvelles
Spiritualités] suite à l’Audition de Serge Blisko, président de la
MIVILUDES, dans le cadre de la commission d’enquête sur l’influence des
mouvements à caractère sectaire dans le domaine de la santé
Novembre 2012
2- La rhétorique de la MIVILUDES
Cette rhétorique est celle d’une propagande bien rôdée fonctionnant sur plusieurs ressorts : […]
Si le ton du prédécesseur de S. Blisko à la MIVILUDES, Georges
Fenech, ne laissait aucun doute sur ses méthodes de travail, il convient
de constater que le ton du nouveau président de la MIVILUDES est plus
amène et parait plus prudent. Avec H. Machi (déjà membre de l’équipe de
G. Fenech), qui dit sans précaution ce que S. Blisko exprime avec
quelques détours et rondeurs, ils adoptent, consciemment ou non, la
technique policière du méchant et du gentil.
Nous n’émettrons pas d’avis sur la sincérité de leur engagement dans
la mission interministérielle, mais nous questionnons leur manque de
lucidité (hypocrite ou non) sur les ressorts sus-cités de leurs
discours.
Une mission affirmant depuis plus de dix ans, sur tous médias
confondus, que 500 000 personnes sont en danger dans les « sectes »,
démontre une forme aggravée de mépris pour ces citoyens s’engageant de
leur plein gré dans des pratiques alternatives. Puisqu’il n’est pas
acceptable dans un régime démocratique et un Etat de droit de déclarer «
fous » 500 000 citoyens, certains ont eu l’idée de les transformer en «
victimes ».
L’objet de la MIVILUDES (et la MILS d’autant plus avant elle)
contient un biais originel. Chargée de mettre en exergue au plus haut
niveau de l’Etat les dérives supposées (puisqu’il s’agit principalement
de risques de dérives sectaires et non de dérives per se) de certains
groupes de citoyens, sans évaluation positive en contrepartie et en
considérant que tout discours contradictoire est un passage à l’ennemi
(on notera l’emploi explicite du terme « adversaires »), elle ne
respecte pas les règles du débat démocratique. Toute pratique, tout
groupe mentionné par la MIVILUDES se verra de facto entaché d’un soupçon
de dangerosité dans l’esprit du public. A cela, s’ajoute le fait que la
MIVILUDES n’a démontré aucune méthodologie de travail solide et n’a
produit aucune enquête sérieuse, malgré ses nombreuses publications.
De par son objet, la MIVILUDES est donc conduite à trouver des
dérives sectaires coûte que coûte (c’est ce qui est supposé justifier
son existence et le salaire de ses membres), quitte à les inventer ou à
manipuler les chiffres ou le Code pénal ; et c’est le « problème » de la
MIVILUDES depuis le début.
http://web.archive.org/web/20121110003549/http://www.sectes-infos.net/Blisko_audition_sectes_senat.htm