@Eric F
Ce n’est pas le sens du propos en fait.
La démocratie, compte tenu du fait que le gouvernant doit diriger dans le sens des citoyens, il suffit de mettre n’importe quel gouvernant pour que la démocratie soit assurée. C’est du moins l’approche Platonicienne. D’ailleurs Platon mettait en garde contre ceux qui veulent le pouvoir, il n’y a rien de plus dangereux ; si nous voulons réellement la démocratie il faudrait donner le rôle de gouvernant à une personne qui ne veut pas le pouvoir. Platon part d’un postulat sur la nature humaine : tout homme est pour tout homme un ennemi et en est un pour lui-même. D’ailleurs sa plus célèbre citation est dans la droite ligne des citations de Socrate : La victoire sur soi est la plus grande des victoires.
En fait, depuis sa création, la démocratie est une utopie ; elle n’a jamais été atteinte et n’a jamais réellement existé. Même Solon a échoué.
D’autres philosophes la considèrent plus comme un état social qu’un régime politique (Alexis de Tocquville, ...).
Toute personne voulant le pouvoir a une fâcheuse tendance à l’autocratie, ce n’est pas nouveau, la volonté de vouloir le pouvoir n’a rien d’anodin. Même les grecs de l’antiquité l’avaient déjà mis en exergue.
Les systèmes de démocratie libérale vue par les anglo-saxons sont une vaste fumisterie, les fameuses instances de contre pouvoir finissent toujours par être sous le contrôle d’autocrates ou d’oligarques. Attention autocrate n’est pas nominatif, il existe des systèmes d’organisation autocratiques qui reviennent au même ; comme la surreprésentation des mêmes écoles dans nos responsables politiques par exemple ; ce qui s’applique dans tout le monde occidental.
En fait, ce que nous appelons en occident « démocratie » ne sont rien d’autre que la vision Aristotélicienne de la République ; une oligarchie avec le droit de vote aux citoyens pour leur laisser croire qu’ils ont une influence sur les évènements. Aristote était contre la Démocratie : il faut que la loi commande en toute chose […] de sorte qu’il est manifeste qu’une telle organisation dans laquelle tout se règle par des décrets n’est pas une démocratie à proprement parler, car aucun décret ne peut être universel.
La démocratie repose substantiellement sur des principes universels, or il n’existe aucun universalisme que celui que l’on se créée soi-même ; nous acceptons l’universalisme s’il exprime nos idées mais nous le refusons s’il rejette nos idées.
Il faut relire la République de Platon et La Politique d’Aristote (8 ouvrages) pour bien comprendre les différences ; c’est la base de tous les régimes politiques.