[Suite du post précédent] Le cours des actions a donc connu un rebond
effectivement « spectaculaire », surtout à priori en regard de la
situation, au printemps 2020, en plein confinement et arrêt de l’activité
économique. Ce n’est donc pas grâce à M. Gaspard, mais on vient de voir
pourquoi, dans le post précédent : les Banques Centrales ont massivement
racheté des titres, et principalement de la dette des Etats, sur les marchés
secondaires, ce qui a réellement inondé les marchés financiers de « liquidités »
nouvelles pour leurs activités spéculatives…
C’est également le mécanisme employé par les
mêmes Banques Centrales à la suite de la crise de 2007-2008, et que l’on a
appelé « Quantitative Easing », et qui se reproduit donc encore en
juin 2024, comme vu au post précédent.
Or ce qui caractérise ces temps de crise
aiguë, c’est aussi, précisément, l’endettement des entreprises. Et le ratio d’endettement
des entreprises, lui, contrairement à celui des Etats, a une limite, au-delà de
laquelle la faillite est quasi certaine. Et ce ratio tient essentiellement
compte des capitaux propres, qui comprennent le capital social de l’entreprise,
c’est-à-dire la valeur de ses actions. Autrement dit, une entreprise sur
laquelle a lieu une spéculation à la hausse a également une capacité d’endettement
plus grande pour faire face à la crise, indépendamment de la valeur de son activité
productive et commerciale réelle.
Evidemment, ça peut paraître choquant, mais le
fait est que l’économie « moderne » ne survit plus, essentiellement,
et surtout depuis 2008, que par ce biais. C’est le principe même du
banco-centralisme, qui permet le renouvellement et l’expansion du capital fixe
des entreprises, indépendamment de leur rentabilité « capitaliste »
réelle.
Le nouveau pic de la crise en 2020, avec des
entreprises à l’arrêt et une reprise de la spéculation, n’a fait que souligner
cette réalité.
Mais si l’on regarde l’évolution économique
depuis 1950 (*) on voit que c’est une tendance de fond, devenue quasi définitive à
partir déjà des années 70 et les grands débuts de la financiarisation à
outrance de l’économie. Simplement la crise de 2007-2008 marque le point de
non-retour à partir duquel elle ne peut plus du tout se passer de sa béquille banco-centraliste
pour tenir debout, en raison de la prééminence toujours croissante du capital
fixe et de l’accélération de sa vitesse de renouvellement, corollaire du
progrès technologique.
Donc il faut construire une alternative crédible
au banco-centralisme, qui équilibre production et besoins sociaux réels, plutôt
que de chouiner inutilement après les spéculateurs façon Gaspard-LFI & Cie.
Mais pour l’instant le « multiplicateur
keynésien » c’est juste éventuellement le multiplicateur de la dette et de
l’asservissement au banco-centralisme, et donc on préfère s’en passer… !
Luniterre
(*https://ekladata.com/[email protected]
https://ekladata.com/3B5NtscK1bNPBsYUgGItuP1pAdY.png
http://cieldefrance.eklablog.com/le-roi-capital-est-mort-vive-la-reine-dette-a215991921 )