Moi, j’ai besoin de croire en quelque chose, et faire
confiance à quelques humains. Un besoin d’admirer et d’être rassuré par des
êtres « supérieurs », des humains qui se distinguent de la masse
Je mets de côté le Christ, un génie absolu quand on
réfléchit une minute à son discours d’il y a 2000 ans, que l’on soit croyant ou
non.
Pour le reste, il y a les scientifiques, quelques
philosophes et les artistes qu’on aime (ou pas) et qui se sont illustrées au
cours des siècles passés.
Tous ces génies ont un point commun : ils ne mentent
pas, même si leurs expressions sont subjectives. D’une façon ou d’une autre,
ils touchent à la vérité au sens le plus noble du terme. Un tableau de Picasso
est une forme de vérité, pour l’essentiel inaccessible à notre raison mais que
notre inconscient classe comme « vrai ».
Notre époque est décevante de ce point de vue. Tout va plus
vite, mais les grands éclaireurs ont disparu. Les « menteurs » sont devenus
légion, tous ces illusionnistes espérant créer une réalité virtuelle conforme à
leurs intérêts, portée par la puissance des médias (et demain de l’IA). Nos
universitaires sont les rois du conformisme : tous marxiste il y a 60 ans,
les voici wokistes aujourd’hui.
Les sportifs millionnaires dénoncent toute contestation du
système qui les a rendus riches et célèbres. Normal mais sans aucun intérêt, et
un peu ridicule et indécent de leur part. Des artistes sans grand talent (au
moins les grands sportifs ont du talent, mais leurs exploits, même s’ils sont « vrais »,
n’apportent pas grand-chose au plan politique) font de même.
Il n’y a plus de maître, ni de guide, ni d’éclaireur du
niveau d’un Paul Valéry. Il ne reste plus qu’à faire confiance à soi-même. Tant pis tant mieux. C’est
une responsabilité et un effort supplémentaire à titre personnel, et ce n’est
pas plus mal ainsi (soit-il).