@Fergus
Cela dit, il faut cesser d’associer le rose à la féminité
Sur France Culture, le samedi matin, Jean-Noël Jeanneney anime une émission assez particulière : Concordances des Temps.
L’invité de l’émission du 19 octobre 2024 était Michel Pastoureau. Comme le précise sa fiche wiki, il est spécialiste de la symbolique et de l’histoire culturelle des couleurs, des emblèmes, de l’héraldique et de l’histoire culturelle des animaux.
L’émission est en podcast sur le site : Allons voir si le rose...
Peu de couleurs ont connu un tel contraste entre adhésion et rejet. Michel Pastoureau revient sur l’histoire du rose et nous explique pourquoi cette couleur a mis tant de temps à s’affirmer.
Parmi le chromatisme où Michel Pastoureau déploie ses fécondes curiosités tout en stimulant les nôtres, il n’avait pas encore parlé du rose et il était temps qu’il le fît. Avec lui et le beau livre qu’il publie, nous allons expliquer pourquoi la couleur rose a pu mettre tant de temps à s’affirmer dans sa spécificité.
On se rappelle le spectre de Newton au XVIIIe siècle : « Violet indigo bleu vert jaune orangé rouge ». Le rose n’y figurait pas. Il va nous falloir le comprendre. Les incertitudes lexicales n’y suffisent pas puisqu’elles reflètent simplement cette longue situation de quasi-paria. La complexité des techniques artisanales a eu sa part dans cette infériorité mais on se doit évidemment d’aller chercher plus loin. Non sans relever les brillantes revanches que le rose a connues depuis le XVIe siècle. Mais sans que s’efface jamais une ambivalence intrinsèque à lui : parfois célébré, arboré, chanté, parfois, ostracisé, humilié, discrédité.
Peu de couleurs ont connu un tel contraste entre adhésion et rejet. Quoiqu’il en soit, il est fort heureux pour le rose qu’il ait été favorisé depuis longtemps par son intimité avec le nom d’une fleur exquise - exquise mais fragile.