@Hamed
Salutations, je cite :
Votre question ce n’est pas qu’elle n’a pas de sens, c’est simplement
que vous voulez tout savoir alors que vous savez pertinemment que vous
êtes un humain et c’est tout.
Vous ne pouvez savoir et vous le savez très bien. Et pourquoi vous ne vous questionnez : » Pourquoi vous êtes mortel ?"
Et c’est là l’humain et son introcuidance qui le pousse à tout savoir
alors que la raison est là pour le raisonner. Elle lui dit, par exemple,
qu’il n’est rien qu’après avoir vécu, il disparaît comme s’il n’est
jamais venu au monde et personne ne peut témoigner pour lui qu’il était,
puisque après tout le monde plus rien.
C’est bien peu de chose que l’homme, et tout ce qui a fin est bien
peu de chose. Le temps viendra où cet homme qui nous semblait si grand
ne sera plus, où il sera comme l’enfant qui est encore à naître, où il
ne sera rien. Si longtemps qu’on soit au monde, y serait-on mille ans,
il en faut venir là. Il n’y a que le temps de ma vie qui me fait
différent de ce qui ne fut jamais : cette différence est bien petite,
puisqu’à la fin je serai encore confondu avec ce qui n’est point, et
qu’arrivera le jour où il ne paraîtra pas seulement que j’aie été, et où
peu m’importera combien de temps j’aie été, puisque je ne serai plus.
J’entre dans la vie avec la loi d’en sortir, je viens faire mon
personnage, je viens me montrer comme les autres ; après, il faudra
disparaître. J’en vois passer devant moi, d’autres me verront passer ;
ceux-là mêmes donneront à leurs successeurs le même spectacle ; et tous
enfin se viendront confondre dans le néant.
Ma vie est de quatre-vingts ans tout au plus ; prenons-en cent : qu’il y
a eu de temps où je n’étais pas ! qu’il y en a où je ne serai point !
et que j’occupe peu de place dans ce grand abîme de temps ! Je ne suis
rien ; ce petit intervalle n’est pas capable de me distinguer du néant
où il faut que j’aille. Je ne suis venu que pour faire nombre, encore
n’avait-on que faire de moi ; et la comédie ne se serait pas moins bien
jouée, quand je serais demeuré derrière le théâtre. Ma partie est bien
petite en ce monde, et si peu considérable que, quand je regarde de
près, il me semble que c’est un songe de me voir ici, et que tout ce que
je vois ne sont que de vains simulacres.
Mes respects