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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Inception » : un film de rêve ?

« Inception » : un film de rêve ?

Dom Cobb est un « voleur » capable de pénétrer dans les rêves d’autrui afin de récupérer les étranges secrets de son subconscient. Maîtrisant l’inception, à savoir l’art de pénétrer, via le rêve, l’esprit d’une personne afin d’y implanter une idée, Cobb est approché, en pleine guerre économique, par l’espionnage industriel afin de se voir confier une dernière mission qui lui permettrait, si effectuée et réussie, de retrouver sa vie. 

Inception, on s’en est rendu compte notamment sur AgoraVox, a fait couler beaucoup d’encre depuis sa sortie*, certains y voyant, je cite, « un chef d’oeuvre contemporain qui n’a pas à rougir de devancer des mythes du 7ème art (Le Parrain, Le Bon, la Brute et le Truand, Pulp Fiction...) », pendant que d’autres n’y décèlent qu’ « un grand vide (…) artificiellement compliqué ». Pour ma part, j’avoue m’être singulièrement ennuyé devant ce film de 2H30, le comble étant atteint lors de la chute du van qui n’en finit pas de tomber dans l’eau, au secours !

Inception ? Beaucoup de bruit, de vent, d’esbroufe, de blablas, de villes survolées, d’effets de manche, d’action boum boum pour un film « cyber-punk » d’Action Joe. Bref pour pas grand-chose à l’arrivée. Sur l’affiche, Rolling Stone annonce : « James Bond rencontre Matrix ». Et effectivement, le Nolan n’est que ça, la prétention en plus. Et quel acteur plat, émotionnellement parlant, que ce DiCaprio ! Pour la soupe à la grimace, Leonardo, décliné en Shutter Island bis repetita (du genre mâchoire crispée non stop), est champion. Pour le reste, appelez-moi Penn, Pacino, Mickey Rourke ou Ray Liotta, des acteurs abîmés par la vie. Ici, Leonardo DiCaprio, aux commandes d’une agence tous risques high-tech, ne fait absolument rien passer, on le dirait en pilotage automatique. Certes, il est brillant, il imite très bien les différents affects, mais il lui manque une épaisseur, une densité, des failles, des fêlures qui pourraient entraîner qu’on s’accroche à lui. Son couple avec Marion Cotillard ressemble à une imagerie publicitaire. Rien d’incarné. Quant à notre Marion nationale, on la croirait tout droit sortie d’une pub pour parfum musiquée par Edith Piaf. Ouille ! Les acteurs interprètent des personnages qu’on dirait cadenassés par des fiches scénaristiques, ne proposant rien d’autre qu’un profil storyboardé.

Certes, c’est bien que Christopher Nolan se montre ambitieux, « Les écrivains jouissent d’une liberté narrative totale depuis des siècles. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour les réalisateurs ? » En cherchant à imaginer des stases spatio-temporelles qui voisinent avec le monde des rêves, on sent, dans les silences proposés, dans les sons amplifiés, dans l’espace infini représenté où personne ne nous entend crier, qu’il cherche à aller sur les pas de Kubrick, celui, démiurgique, de 2001, L’Odyssée de l’espace. Mais Stanley Kubrick, en 68, créait des visions fascinantes qui collaient à la rétine, notamment celles du trip hallucinogène final et celle montrant un cosmonaute taiseux entrant dans un salon Louis XVI. Dans Inception, on dirait des rêves au rabais, comme si Nolan rêvait petit. La séquence dans Paris montrant un quadrillage haussmannien se relevant à 90° n’a rien d’époustouflant, de renversant. Etonnant qu’un film de SF s’aventurant dans le champ infini des mondes parallèles que sont les rêves n’aille pas plus loin dans la monstration de leur possibilité et puissance visuelle. En ce qui concerne le cinéma, la frontière ténue entre mondes réel et fantasmé est mille fois plus fascinante dans Blade Runner ou chez un Buñuel (Belle de jour, Le Charme discret de la bourgeoisie, La Voie lactée). Et toujours en restant dans le Surréalisme, mais en s’intéressant cette fois-ci aux arts plastiques et à l’architecture, il y a mille fois plus d’invention graphique dans les tableaux de Magritte ou Dalí ainsi que dans les cases de BD de Schuiten, Moebius et autres Druillet dévoilant des architectures utopiques futuristes.

En fait, c’est ça, Inception, trop poseur dans sa forme, manque singulièrement de poésie. Malgré ses qualités techniques indéniables, dont une belle photographie bleu cendré, Inception n’arrive jamais à transcender son sujet (le rêve) ; seulement du 1 sur 5 pour moi. Nolan voit grand (labellisé par Warner Bros il se prend pour le nouveau Kubrick !) mais rêve petit : un comble tout de même pour un film voulant circuler dans les labyrinthes vertigineux du cerveau humain et les cités obscures de l’onirisme. Avant de chercher à voisiner avec Kubrick, Nolan devrait déjà plutôt essayer d’égaler des Mann, Spielberg, Verhoeven et Cameron, ce serait déjà pas si mal. Car ces derniers, excellents storytellers, savent nous embarquer dans des histoires sans nous ennuyer et sans tomber dans un quant-à-soi scénaristique semblant nous dire à chaque plan filmé : « Regardez, comme je suis intelligent, regardez comme je suis le Maestro du blockbuster intelligent ». Oui, un peu de modestie de la part de Nolan ne ferait pas de mal à son cinéma, tant en ce qui concerne le fond que la forme. Selon moi, de tous ses films-puzzles boursouflés (Memento, The Dark Knight…), seul Insomnia (2002) tire son épingle du jeu car il ne part pas dans la surenchère du Rubik’s cube scénaristique & toc, Nolan sachant qu’il a en sa possession le meilleur effet spécial qui soit : Al Pacino.

* Critique d’Inception de Christopher Nolan : le vertigineux dédale des rêves (http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/critique-d-inception-de-78693) ; L’exception Nolan : Inception (http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/l-exception-nolan-inception-78893) ; Inception de Christopher Nolan (http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/inception-de-christopher-nolan-78772), Inception = Déception (http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/inception-deception-78827) ; In the mood for Inception (http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/in-the-mood-for-inception-78811) ; Inception, inception, deception (http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/inception-inception-deception-78946) ; L’exception Nolan : Inception (http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/l-exception-nolan-inception-78893). 

 

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« Inception » : un film de rêve ? « Inception » : un film de rêve ?

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20 réactions à cet article    


  • Ariane Walter Ariane Walter 2 août 2010 10:58

    Cher Vincent,
    Je ne saurais dire à quel point je suis d’accord avec votre critique.
    ce film a fait naître en moi une première expérience à laquelle jusqu’à présente je n’avais pas accès : le mal de crâne.
    C’est un film lourd, musique « house » répétitive, violente, incessante.
    Un film bourré d’images de violence. (Les rêves sont donc violents ? Je rêve tts les nuits et je n’ai jamais vu un cadavre traîner chez moi...Enfin...)
    Mais certains points m’angoissent :
    d’une part le fait qu’une grande partie de la critique de la « grande presse » crie au chef-d’oeuvre.
    J’en conclus qu’on les a payés. Ou qu’ils sont désormais aussi fiable en rubrique cinéma qu’en rubrique politique.
    Oui, Di Caprio est mauvais.
    oui, Cotillard était bien plus belle en Piaf.
    J’ai l’impression que ce film est fait pour détruire les neurones.
    je l’ai haï alors que cela ne m’était jamais arrivé...
    J’ai adoré ,tout au contraire : « petits meurtres à l’anglaise » et bien sûr, tamara Drewe, cinéma anglais inspiré et plein d’humour.
    Bref : intelligent.
    (J’oublie un détail.le titre : Inception« .
    On a pas l’air bête à la caisse : »je veux deux places pour « Inception »...On ne sait s’il faut le prononcer à la Française ou à l’américaine. Bref ça commence mal....)


    • Jude 2 août 2010 11:07

      Vous critiquez la violence en haïssant... Drole de paradoxe...


    • Jude 2 août 2010 11:08

      « On a pas l’air bête à la caisse : »je veux deux places pour « Inception »...On ne sait s’il faut le prononcer à la Française ou à l’américaine"

      Ca c’est de la critique !! smiley smiley smiley


    • Jude 2 août 2010 11:05

      Bonjour Monsieur

      J’ai attendu de voir le film avant d’emettre toute critique malgré certains commentaires dans des articles précédents le votre voir même l’article lui même qui comprenaient tant de betises qu’ils auraient mérité que l’on y répondisse.

      Hé bien, j’ai bien aimé, et je suis entré dans « l’univers » du film.

      Bien evidemment, il ne s’agit pas du film du siècle, ni même de la décennie et encore moins de l’année, certes, certains aspects seraient à revoir, mais cela reste un bon film, agréable, curieux et étrange, devant lequel je ne me suis pas ennuyé. J’ai bien aimé cette idée de « niveaux » de rêves.

      De plus, j’ai bien aimé le jeu d’Ellen Page (Ariane dans le film), une jeune actrice que l’on retrouvera, je pense, sur de grands rôles dans un avenir proche.


      • Ariane Walter Ariane Walter 2 août 2010 12:01

        je signalais que ce film s’attaquait aux neurones et, voici que vous en apportez une preuve indiscutable. Vous écrivez :

        J’ai attendu de voir le film avant d’emettre toute critique malgré certains commentaires dans des articles précédents le votre voir même l’article lui même qui comprenaient tant de betises qu’ils auraient mérité que l’on y répondisse.

        Hélas, le Français correct vous quitte. Les terminaisons correctes de l’imparfait du subjonctif se délitent , syndrome post-inception. « Que l’on y répondît » ? Non ?

         Bon. C’est l’été. Les cigales chantent. On ne va quand même pas s’étriper pour un film fût-il bon ou mauvais ????


      • Jude 2 août 2010 12:04

        Rien sur le fond, on s’en prend donc à la forme !! smiley

        Comme pour la prononciation du titre du film smiley


      • DJ Bea 2 août 2010 11:49

        Un film vraiment excellent !

        et vraiment n’importe quoi cette critique !


        • citoyen du monde citoyen du monde 2 août 2010 11:54

          Moi aussi, j’ai bien aimé, je dirai même que ce film restera dans mes annales du cinéma.
          Des acteurs talentueux, une réalisation aux petits oignons, des effets visuels somptueux, montage magistral, franchement Nolan n’a rien à envier à Kubrick.
          A ce sujet, je ne vois pas en quoi Nolan cherche à l’imiter...Je n’ai pas retrouvé dans Inception les longs travelling dont Kubrick usait dans tous ses films.
          Compte-tenu du concept même du film, Nolan s’en sort avec les honneurs, et c’était loin d’être évidant. Qui plus est je trouve agréable qu’un film se termine en laissant le spectateur incertain sur l’interprétation à donner à la fin du film. C’est justement le jeu des acteurs (di caprio et watanabe) qui nous en indique la juste explication.

          Il me semble que le terme « inception » n’existe pas dans le dictionnaire de la langue française, il fallait s’en douter...De la musique house dans le film ? J’en n’ai pas entendu. Forcément pour les adeptes de comédie ou de biographie, il faut passer son chemin.


          • Jude 2 août 2010 12:03

            D’autant plus que le concepteur de la bande son n’est autre que Hanz Zimmer, excusez du peu !!


          • Jude 2 août 2010 12:01

            Je me demande ce que ce film aurait donné en 3 dimensions comme avec avatar...


            • Armelle Barguillet Hauteloire Armelle Barguillet Hauteloire 2 août 2010 12:28

              En plein accord avec vous.J’ai fait une critique dans le même sens sur AgoraVox, le lendemain de sa sortie en salles. Et, bien entendu, j’ai eu droit à toutes sortes de noms d’oiseaux !


              • manusan 2 août 2010 15:29

                Je n’ai pas encore vu le film, mais les critiques m’encouragent à le voir.

                Dés qu’un film un peu « geeks », pas forcément profond pour le commun des mortels mais faisant appel à un truc qui ne sensibilise qu’un lecteur (et peu de lectrice) de K Dick ou Pratchett (qui ça ?), sort dans les salles, on a le droit à un lynchage général de la part de ceux qui voudrait bien rentrer dans ce petit « monde » étrange pour eux. Je trouve par ailleurs étrange de payer une place de ciné pour un film dont on sait que le genre nous rebute à la base, à moins que ce soit parce qu’il y a Léonardo.

                bon ok, j’ai pas encore vue, je me tais, mais tout indique que ca va me plaire vu les réactions de certain(nes).

                ... et puis ça se trouve c’est un gros navet.


                • Ariane Walter Ariane Walter 2 août 2010 16:03

                  La science-fiction ne me rebute pas. Au contraire. J’ai récemment vu Blade runner en blue ray. C’est vraiment un cherf-d’oeuvre.
                  je me demande si « inception » ne plaît pas avant tout à ceux qui aiment l’univers des jeux vidéo avec des mitraillades à chaque pas et un rythme haletant.
                  je n’aime pas les montages hyper rapides. C’est sans doute une question de style.
                  mais pas seulement.
                  Si l’on compare la scène finale de Blade runner (sous la pluie, rutger Hauer, « j’ai vu.... » la colombe, l’infinie humanité qui s’en dégage et la fin d’inception, on voit tt de suite la différence de niveau.
                  De l’art et un produit.
                  Mais ceci, bien sûr est mon goût personnel...


                • manusan 2 août 2010 19:31

                  28 ans pour attendre le blue ray ??? mais vous vous êtes goinfré la collection Arlequin pendant tout ce temps ? 

                  perso je recommande la director’s cut de 92.

                  Sinon « petit » film français sympa, accessible et relaxant avec un bon casting : Dante 01.

                  http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=110951.html

                  Et puis bien sûr Immortel de Bilal, où là on tape carrément dans la poésie.

                  http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=43226.html


                • Ariane Walter Ariane Walter 2 août 2010 20:07

                  @manusan :

                  C’est justement la final cut de 92 que je préfère !
                  hihihihihi !!
                  Je vous conseille dans la collection « arlequin » :
                  en 93 : « Mimi aime Manu » , sympa avec une nouvelle fin plus trash.
                  En 95 : « Loulou plante des choux », avec une étude audacieuse des postures du jardinier.

                  Tout nous instruit si nous sommes attentifs....


                • slipenfer 2 août 2010 16:43

                  @ Ariane Walter
                  du grand n’importe quoi Blade Runner c’est pas un film
                  c’est un livre je l ’ai lu récemment 
                  c ’est un certain Philip sa. Dick qui prenait du N,N-diéthyllysergamide
                  le titre exact c’est :
                  Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?
                  vraiment quel manque de culture,je suis zoutré... smiley


                  • Ariane Walter Ariane Walter 2 août 2010 19:24

                    Cher Slipenfer,
                    je connais d’autant plus « les androïdes rêvent-ils » que j’ai pris un plein caddie de K.dick !!!! (Chez amazone et ailleurs !)
                    Vous recommandez le N,N-diéthyllysergamide ? Susceptible de donner de la bonne prose ?

                    En ce qui me concerne un café suffit à m’empêcher de dormir trois jours , donc je me méfie....
                    Mais « blade runner » a quand même réussi là où bcp ont échoué : à savoir traduire en superbes images ce cher K.Dick sergamidé !!
                    Bonne lecture !


                  • Le Gros Caillou Le Gros Caillou 8 août 2010 10:15

                    Le miroir dans le miroir, l’abstraction de l’irréel, l’incarnation vaine et répétitivedes souvenirs...
                    Une tentative louable que l’on découvre en enlevant la multitude de guirlandes Hollywoodiennes ( poursuites, fusillades, explosions, espionnage...)

                    Le film lorgne sur « Solaris » de Soderbergh en enfilade de celui d’Andrei Tarkovsky et sur 2001 de Kubrick...des citations biens lourdes et scolaires...

                    Un stage d’étude dans la sobriété et l’économie de moyen me semble nécessaire pour ce metteur en scène déjà gaté-pourri par les moyens et la distribution mis à sa disposition...
                    L’intime et les spectaculaire sont les deux faces d’une médaille bien difficile à mettre en scène lorsqu’on a pour seul objectif visible de faire un chef-d’œuvre...

                    J’ajoute que c’est le première fois que je vois des acteurs statiques et contemplatifs dans cette rue de Paris devant la jubilation du réalisateur à jouer avec ses nouveaux effets spéciaux...


                    • slipenfer 8 août 2010 15:35

                      Inception est sorti depuis une semaine environ et l’affaire semble entendue : c’est un triomphe en salles et la critique mouille sa petite culotte. Christopher Nolan serait donc « le nouveau Kubrick », et Inception un chef-d’œuvre « ahurissant », « un puzzle mental », « un Rubik’s Cube sophistiqué et jouissif », au scénario « visionnaire, labyrinthique, ambitieux ». N’en jetez plus… Depuis, j’ai vu la bête au Max Linder avec un public enthousiaste qui a applaudi, mollement quand même, à la fin. Et j’ai été profondément déçu. Pourquoi ? Parce que j’avais déjà vu Inception, repompage éhonté de Matrix, 007 et Mission : impossible . Pendant près de 2h30, on est dans le copier/coller, le repompage-hommage aux frères Wachowski, à Kubrick ou Welles dans le meilleur des cas, mais aussi à John Woo, la série des Freddy ou Rien que pour vos yeux avec Roger Moore pour les séquences les plus kitsch.

                      Le pitch du film : Leonardo DiCaprio se balade dans les rêves de riches industriels pour leur chiper de petits secrets ou pour leur implanter de nouvelles idées. Le concept de Nolan : empiler les strates de rêves, donner à voir le rêve dans le rêve, dans le rêve, dans le rêve : c’est un poil soporifique et pas très passionnant. Car quels sont les rêves de Nolan ? Des rêves érotiques, effrayants, mystérieux ? Non, des rêves hollywoodiens, balisés, déjà vus, sans une once de sexe, de sensualité, de peur. Tu as lu Freud, Nono ? Le réalisateur de Dark Knight aurait pu s’inspirer des cauchemars vénéneux de David Lynch ou de ceux de Lars Von Trier dans Antichrist, mais il préfère le jeu vidéo de plateformes : les rues de Paris qui se replient (pourquoi donc, alors qu’il faut faire croire au rêveur qu’il est en pleine réalité !), des beaux gosses en costard comparent leurs gros calibres et font pan-pan, s’envoient en l’air lors de séquences en apesanteur ou d’interminables poursuites à skis… C’est virtuose, mais plombé par des dialogues débiles (« On est dans quel inconscient ? »), froid et absolument dénué d’émotion. On applaudit le boulot des informaticiens, mais est-ce que l’on ressent quoi que ce soit ?

                      La perfection au service de rien

                      De plus, Inception manque pour le moins de finesse. Un exemple ? Le personnage de l’Architecte, interprété par la très fade Ellen Page. C’est le narrateur du film, le novice qui nous présente et nous explique l’action, notre porte d’entrée dans le labyrinthe des rêves. Et comment s’appelle ce personnage ô combien symbolique : Ariane ! Subtil, non ? Inception est un blockbuster bourrin et lourdaud qui tente de se faire passer pour un chef-d’œuvre conceptuel. Mais c’est pas parce que tu refais la scène finale de 2001 l’odyssée de l’espace que tu es le nouveau Kubrick. Alors oui, c’est étonnant de revoir la chambre Louis XVI que Kubrick avait abandonnée au-delà des étoiles. Mais Nolan a oublié qu’au cœur de tous les Kubrick, il y a un fond : un questionnement sur la nature humaine, une réflexion sur le libre-arbitre, les fantasmes, nos pulsions… Nolan-les-gros-sabots est un artisan très doué (Le Prestige était une petite merveille de mécaniques narratives), mais sûrement pas un grand cinéaste.

                      Je suis déçu, mais tout n’est pas à jeter dans Inception. La musique de Hans Zimmer est une de ses meilleures depuis Gladiator. Et contrairement à Matrix, desservi par un Keanu Reeves bien fadouille, la distribution d’Inception est absolument épatante : Leonardo DiCaprio, Joseph Gordon-Levitt Ken Watanabe et mention spéciale à mon chouchou, Tom Hardy, vu en moustachu musculeux dans Bronson et bientôt dans Mad Max 4. Dans les atouts, j’aurais pu mentionner l’originalité du sujet du film, à savoir faire naître une idée dans le cerveau d’une personne. Mais l’inception, je connais par cœur, d’ailleurs ma femme le pratique sur moi depuis des années : « Relève la lunette », « Ferme le dentifrice », « Range tes chaussettes sales ! » Je n’ai pas attendu Nolan pour vivre un cauchemar…

                      Inception de Christopher Nolan avec Leonardo DiCaprio, Marion Cotillard, Ken Watanabe, Tom Hardy, Cillian Murphy, Ellen Page, Joseph Gordon-Levitt, Michael Caine.

                      Merci cousin a+


                      • Le Gros Caillou Le Gros Caillou 8 août 2010 19:59

                        Ton « Ferme le dentifrice » raisonne dans ma tête aussi comme les tortures vietcong chez Rambo !

                        Cela a commencé pour moi avec ma grand-mère :
                        « Sur le parquet, on met les patins »

                        Mon fils fera du Hockey, c’est maintenant decidé avec ma femme...

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