Le Cinquième pouvoir : Quand la liberté d’expression fait trembler les gouvernements
À moins d’avoir vécu coupé du monde durant les cinq dernières années, je pense qu’on a tous entendu parler de l’affaire WikiLeaks et des conséquences que celle-ci a engendrées. Tensions diplomatiques, secrets d’État et révélations militaires, rien n’a été épargné par le site fondé par Julian Assange et Daniel Domscheit-Berg. Et c’est justement sur cette histoire que Bill Condon s’est penché pour son nouveau film Le Cinquième pouvoir. Autant vous dire qu’avec ce thriller effréné, le suspense est garanti !
Synopsis :
En rendant publics des documents confidentiels, ils ont fait vaciller les plus grands pouvoirs de la planète. La révélation d’informations ultra-secrètes explosives a mis en lumière un monde jusque-là inconnu. WikiLeaks a changé la donne à jamais. Comment Julian Assange, fondateur de WikiLeaks et Daniel Domscheit-Berg ont-ils pu obtenir ces documents ? Comment est né leur site qui en quelques mois, a réussi à révéler bien plus de secrets que tous les plus grands médias officiels réunis ?
Tout est réuni pour faire de ce film un bon thriller : une histoire sulfureuse, un casting de qualité, une intrigue à suspense et des questions profondes soulevées. Que l’on ait suivi l’affaire de près ou de loin, ce film n’a pas la prétention de donner la seule vérité sur WikiLeaks, mais il en donne une interprétation et un point de vue à part entière. C’est même l’un des points forts du film. Bill Condon ne cherche pas à embellir ce qu’il s’est passé, il dévoile aussi bien les bons comme les mauvais côtés de l’affaire. Que cela soit clair, Julian Assange n’est ni présenté comme un héros ni comme un méchant.
Bien qu’intercalé d’images d’actualités, le film n’est aucunement un documentaire et soulève de manière ludique certaines questions essentielles. Inspiré par deux livres Inside WikiLeaks : dans les coulisses du site Internet le plus dangereux du monde de Daniel Domscheit-Berg lui-même et Julian Assange et la face cachée de WikiLeaks, la fin du secret de David Leigh et Luke Harding (The Guardian), le réalisateur nous fait réfléchir sur la liberté d’information et sur les conséquences que les révélations peuvent entrainer sur notre démocratie. On le remarque dès la scène d’ouverture qui montre bien l’importance des médias depuis l’antiquité. La diffusion de l’information est quelque chose qui existe depuis des millénaires et joue aujourd’hui un rôle croissant. Actuellement, nous sommes entrés dans une ère dans laquelle des anonymes peuvent prendre le contrôle de l’information. Et c’est cette même réflexion que l’on retrouve à travers le film sur le pouvoir des médias dans la société ainsi que la notion de confidentialité des informations qui fait du Cinquième pouvoir un film réussi. C’est au final le combat de Julian Assange que Bill Condon a voulu porter à l’écran. Comme on le voit tout au long du film, le fondateur se bat pour cette liberté d’expression, quitte à prendre des positions parfois radicales.
Au final, le film est porté par un excellent casting aux performances remarquables. Nous retrouvons un Benedict Cumberbatch incarnant à l’écran Julian Assange, presque méconnaissable en blond platine face à un Daniel Brühl plus que convaincant dans le rôle de Daniel Domscheit-Berg.
Ce cyber-thriller, dans la lignée de The Social Network, s’adresse aussi bien aux connaisseurs de l’affaire qu’aux novices. C’est un film vraiment accessible pour tous ceux qui veulent en savoir plus sur l’affaire certes, mais aussi pour ceux qui s’intéressent à la problématique de la liberté de l’information. Le Cinquième Pouvoir est par conséquent un film captivant, poignant et parfois touchant qui lève certains voiles sur l’affaire qui a fait trembler plus d’un gouvernement.
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