Les festivals comme découvreurs de talents
Les festivals musicaux fleurissent aux quatre coins de la France depuis quelques années. Report des dépenses économisées en CD grâce au P2P ? Rôle de découvreurs de talents laissé vacant par certaines maisons de disque ?
Pour la découverte de nouveaux talents, il semblerait que certaines maisons de disques se retrouvent dans une situation où la prise de risque devient de moins en moins possible : 39 contrats sur 118 ont été dénoncés par EMI en France en 2004. En Allemagne, BMG a licencié deux artistes sur trois [1].
Mais a contrario, depuis début 2000, les festivals organisés par des associations de fans fleurissent aux quatre coins de la France. Certains connaissent des succès nationaux, comme les Vieilles Charrues, obligés d’embaucher 7 permanents depuis début 2000. Le festival « Papillons de nuit », de son côté, organisé à Saint-Laurent-de-Cuves, est devenu en quatre ans la 3e manifestation touristique du département. Un des rôles clamés du festival est
« l’accompagnement annuel d’un jeune artiste régional par le biais du tremplin ».
Et les chiffres d’affluence confirment la qualité grandissante de cette initiative associative : de 9000 festivaliers lors de la première édition en 2001, l’affluence est passée à 15 000 en 2002, 32 000 en 2003, puis 50 000 en 2004 et 53 000 en 2005 ! [2].
Un CDI a même été créé en octobre dernier au sein de l’association Papillons de Nuit. Pas étonnant que des groupes à succès, tels que Sinsemilia ou Louise Attaque, se soient d’abord fait connaître du grand public via les festivals, et ont donc été découverts grâce à des initiatives d’amateurs avertis.
Tendance de fond ? Dans tous les cas, petit à petit, avec la création de postes de permanents au sein des associations, on assiste à une réelle professionnalisation (au sens de valorisation économique de l’énergie dépensée par les bénévoles) de la découverte des futurs talents ; et ceci pour le plus grand bonheur des artistes, qui y trouvent une voie alternative de consécration.
En outre, cette tendance est confortée par un report certain des dépenses économisées grâce au P2P, vers le spectacle vivant : évolution des revenus générés par les ventes de tickets de concerts (source : SACEM/Les Echos, 4/10/04, in thèse de B. Labarthe Piol. Il s’agit de la vente de tickets pour la catégorie « tournées professionnelles de variété ») Evol_spectacle_vivant. Les artistes en profitent donc pour augmenter leurs cachets : à qualité égale, à notoriété égale, les organisateurs du festival Papillon de Nuit ont constaté une augmentation très significative des cachets. En un an, l’augmentation serait d’au minimum 20%.
Et à côté de ça, en cette période de "DADVSI code", on a des artistes qui prennent la parole et disent que le P2P c’est mal (Bénabar ?). Il ne doit pas faire trop de scène, celui-ci ? Trop éloigné de son public ?
Merci à Nicolas Lemarchand, de Papillons de Nuit, pour les infos, et à An pour l’idée.
[1] http://www.lexpress.fr/info/economie/dossier/disque/dossier.asp
[2] Source : Nicolas Lemarchand, administrateur du festival, contacté par email
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