Vers la beauté : Modigliani à l’Orangerie
Maudit… gliani (1884-1920) au musée de l’Orangerie, ©photos in situ V. D., Paris : retour sur la manifestation Modigliani, un peintre et son marchand, jusqu’au 15 janvier 2024, dévoilant plus d'une centaine de toiles ainsi qu'une cinquantaine de dessins et une dizaine de sculptures de l'artiste qui seraient passés par les mains du marchand (cette institution parisienne conservant dans ses collections cinq peintures de Modigliani, l’un des artistes les plus aimés du lieu ; il faut savoir que la collection Paul Guillaume constitue aujourd'hui l'une des pièces maîtresses de cette institution parisienne). Belle petite expo (resserrée), revisitant, de manière à la fois savante et ludique (un espace jeu est proposé aux enfants en fin de circuit), sa collaboration étroite avec le marchand d’art et collectionneur Paul Guillaume (1891-1934), tous deux morts prématurément et entrés depuis dans la légende, le premier à 35 ans (il souffrait d'une tuberculose contractée dans sa jeunesse) et le deuxième à 42 (mort subite des suites d’une péritonite).
- Anonyme, « Modigliani, atelier Ravignan », détail, photo vers 1915, Paris, musée de l’Orangerie
L’Homme de France
- Anonyme, « portrait de Paul Guillaume assis dans un fauteuil en rotin, 16, avenue de Villiers », non daté, photographie, 8,3 x 5,7 cm, Paris, musée de l’Orangerie
Alors, si la star Modigliani est bien connue, son marchand d’art Paul Guillaume l’est moins. Au tout début du XXe siècle, Paris incarne un pôle d’attraction majeur pour les avant-gardes artistiques, avec des créateurs venus du monde entier afin de tenter leur chance à Paris, dont Modigliani, peintre italien d’origine juive né à Livourne en 1884, ville transalpine où, à partir de l’âge de quatorze ans, il prend des cours de peinture et de dessin à l’École des beaux-arts (1888-1901), études artistiques qu’il complètera à l’École libre du nu de l’Académie des beaux-arts de Florence (1902) puis à l’École des beaux-arts de Venise (1903). En 1906, Amedeo s’installe à Paris, fréquentant l’Académie Colarosso. Ses peintures modernes figuratives attirent bientôt l’œil d’un jeune galeriste autodidacte, charmeur, visionnaire et ambitieux, issu d’un milieu modeste, Paul Guillaume, au goût forgé auprès des avant-gardistes parisiens, dont le poète et critique Apollinaire – qui mourra de la grippe espagnole en novembre 1918 - qu’il rencontre en 1911, et qui deviendra rapidement, via une ascension fulgurante, du fait de son sens aigu de la modernité associé à une remarquable intuition artistique ainsi qu’à un redoutable sens des affaires, l’un des marchands les plus influents et les plus éclairés de son époque (périodisation : 1914-1934), en exposant non seulement Modigliani mais également d’autres figures importantes de la peinture d’alors (Cézanne, Renoir, De Chirico, Derain, Van Dongen, Gontcharova, Larionov, Matisse, Picasso ou Soutine) aux côtés d’œuvres extra-occidentales (Afrique et Océanie). Dans La Femme de France, un grand magazine féminin hebdomadaire de ces années-là abordant mode, art et beauté, on pouvait lire ceci à propos d’une galerie de Paul Guillaume, enseigne parisienne où il déménagea en 1921 pour présenter conjointement peinture moderne et art africain (il aura plusieurs adresses, aussi bien publiques que privées, dont un splendide appartement dans l’avenue du Maréchal Maunoury dans le 16e arrondissement) : « Tous les Parisiens connaissent la boutique de la rue de la Boétie où une devanture toujours pittoresque assemblait des masques nègres, des bijoux éthiopiens et des toiles de Kwapil, Derain, Vlaminck, Chirico, Utrillo. » Modigliani, qui réalisera plusieurs portraits de ce marchand visionnaire atypique, qu’il appelait « Novo Pilota » (nouveau pilote) afin de qualifier le grand dessein qu’il place entre ses mains, renoue, sur les conseils de celui-ci très avisé en matière de stratégie commerciale innovante, l’invitant fortement à focaliser sur le médium peinture jugé plus vendeur, avec toiles et pinceaux, après une période dédiée à la sculpture entre 1909 et 1914, en se consacrant principalement à la représentation de la figure humaine. Leur aventure commune, à la fois artistique et amicale, peut alors commencer, Paul Guillaume jouant un rôle prépondérant dans la diffusion de l’œuvre de Modigliani sur le marché de l’art dans les années 1920, tant en France qu’aux États-Unis.
- « Portrait de Paul Guillaume », 1916, Modigliani, huile sur toile, 81 x 54 cm, Milan, Museo del Novecento
- « Portrait de Beatrice Hastings », 1915, Modigliani, huile sur carton, 55,5 x 45,4 cm, Toronto, Art Gallery of Ontario
Dans le parcours proposé, pas assez de nus Un seul. Dommage ! Même si le catalogue accompagnant cette expo-événement en montre deux ; pour la petite histoire, grâce à son album d’œuvres de Modigliani, l’on sait que Paul Guillaume a acquis et vendu au moins deux nus après la mort du peintre, ce qui est un nombre relativement faible qui pourrait être lié à l’investissement personnel de Léopold Zborowski, un nouveau marchand pour Modi en 2016, dans ces œuvres considérées comme hautement vendeuses. Sinon, comme attendu (difficile de passer à côté !), on y retrouve bien sûr la marque de fabrique de Modigliani, qui rend son style immédiatement identifiable : les longs cous sans fin de ses modèles féminins et surtout les fameux yeux en amande, non symétriques et souvent sans pupille des portraiturés, hommes comme femmes ; pour l'anecdote révélatrice, façon la griffe de l'artiste telle une marque déposée (ou copyright), dans Le Tatoué (France, 1968) de Denys de la Patellière, le personnage de Gabin (Legrain) arbore dans le dos un... Modigliani ! En fait, un portrait ressemblant à l'un de ses modèles féminins fétiches : Beatrice Hastings, qui disait du peintre traité par ses soins de « bohémien pur-sang » et qu'elle avait rencontré en 1913 à la Rotonde (deux années d'amour passionné s'ensuivront) : « J'étais assise en face de lui. Haschisch et cognac. Pas impressionnée du tout. Ne savais pas qui c'était. Il avait l'air abominablement féroce, avide. »
- « Portrait de Max Jacob », détail, 1916, Modigliani, huile sur toile, 76,7 x 63,8 cm, Düsseldorf, Kunstammlung, Nordrhein-Westfalen
Ces yeux fendus et vides de visages-masques, vraiment caractéristiques de la patte « Modi », sont étonnants : des fois, on dirait carrément des aveugles et, d’autres fois, le regard (fixe) est pourtant là, comme scrutateur, très présent ; concernant cet « œil intérieur » à l’œuvre, une précision de Modigliani, qui se confiait peu (de lui, restent des lettres, mais aucun journal) : « D'un œil, observer le monde extérieur, de l'autre regarder au fond de soi-même. » Bien vu. Ce portraitiste hors pair, qui a peint tout de même au cours de sa brève existence une poignée de paysages ainsi que quelques nus féminins (bien que ne représentant que dix pour cent de son corpus d’œuvres, ils sont largement considérés comme ses créations les plus célèbres, certainement aussi, parce qu'indépendamment de leur beauté sensuelle et érotique que l'artiste fomentait pour des acheteurs masculins tout en voulant évoquer en parallèle l'émancipation croissante des femmes au cours des années 10, le parfum de scandale les entourant a grandement contribué à leur notoriété planétaire : en 1917, montrées dans la seule expo personnelle de Modigliani, ces images, perçues alors comme choquantes, finirent par être retirées pour cause d'indécence, notamment à cause de la présence de poils pubiens dont les représentations de nus sont traditionnellement dépourvus), ajoutait : « Ce que je cherche, ce n'est pas le réel, ni l'irréel, mais l'inconscient, le mystère de l'instinctivité de l'être » puis : « Les personnages de Cézanne, comme les statues antiques, n'ont pas de regard. Les miens, au contraire, voient ; ils voient même si je ne peins pas leurs pupilles. »
- « Nu couché », 1917, Modigliani, huile sur toile, 66 x 100 cm, Turin, Pinacoteca Agnelli
- « Portrait de femme », dit aussi « La Blouse rose », détail, 1919, Modigliani, huile sur toile, Avignon, musée Angladon, collection Jacques Doucet
Sa façon de peindre ? Un style affirmé dans l'urgence par moments, avec une peinture très fluide, via des tons aquarellés et une touche légère pouvant rappeler Dufy (pas rare de voir le support en réserve, à savoir la toile vierge apparaissant telle quelle), on peut même y déceler des plages peintes à la va-vite, presque « bâclées », avec des couleurs sales (des mélanges hâtifs, sans s'embarrasser de fioritures décoratives, assurément il est peintre, pas imagier) et, à d'autres endroits, a contrario, la monstration d’un matiérisme ô combien séduisant avec une épaisseur de couches bien charpentée, cf. les nombreux portraits, dont certains « plâtrés », autrement dit généreusement tartinés, voire gâchés, et goûtus à souhait pour le regardeur, avec pas mal de grilles dedans : dans les motifs de vêtements et jusqu’à un œil du poète Max Jacob (mort trop tôt lui aussi, arrêté par la Gestapo, six mois avant la Libération de Paris, parce que juif puis transféré au camp de Drancy où, en mars de la même année, il y meurt d’une pneumonie et d’épuisement cependant que Cocteau, sans Picasso, se démenait pour obtenir sa libération, qui sera signée huit jours trop tard ; ce n’est d’ailleurs pas la seule personnalité croisée dans cette expo puisque, à côté d’anonymes, Modigliani, grand érudit qui pouvait réciter par cœur des passages de La Divine Comédie de Dante mais également les poèmes de Villon, Baudelaire, Verlaine et autres Mallarmé, représente aussi des artistes qui l’entouraient, tels Moïse Kisling, Jean Cocteau et Diego Rivera, l’artiste aimant préciser : « Pour travailler, j’ai besoin d’un être vivant, de le voir devant moi »). La grille ou, on le sait, l'empreinte du modernisme en peinture : le rabattement au plan de la toile (affirmation de la planéité). La représentation d'un espace perspectiviste, héritage de la Renaissance italienne, n'était plus le souci premier des peintres avant-gardistes, l'art africain comme influence, entre autres, étant passé par là. N'appelait-on pas alors Modigliani, ayant intégré dans son art synthétique tant la simplification des formes épurées des arts extra-occidentaux que la construction cézannienne, ainsi que certains de ses contemporains tels Utrillo et Soutine, les « primitivistes modernes » ?
- « Portrait de Max Jacob », 1916, Modigliani, huile sur toile, 76,7 x 63,8 cm, Düsseldorf, Kunstammlung, Nordrhein-Westfalen
Mythologie Modigliani
Amedeo, au demeurant, bel homme (on le savait, la star du Parrain III Andy Garcia l'avait interprété dans un biopic européen à l'eau de rose, en 2004, signé Mick Davis, l’actrice Elsa Zylberstein campant, à ses côtés, Jeanne Hébuterne) : peintre romantique au chic bohème et au charme italien tout en velours côtelé sur les photos vintage se présentant à nous sur de larges cimaises immersives, dans l'agréable circuit proposé. Un mythe magnétique, de Montmartre à Montparnasse, évoluant dans un Paname romantique à la Gavroche (puissamment animé par le souffle de la liberté et fuyant le conformisme bourgeois, celui des cafés enfumés, des prostituées, des paradis artificiels, des amours libres ainsi que de l'amitié pour tous, siège tout de même d'une compétition féroce entre créateurs dans le milieu artistique, son principal rival, sur fond de haine et de fascination mutuelle, étant Picasso), rendant bien en... magnets en vente à la librairie-boutique, surfant sur la rentable « mythologie Modigliani ».
Et quid de Jeanne Hébuterne ? Présente également, via le tableau Portrait de Jeanne Hébuterne reproduit dans le catalogue en page 133, une belle huile sur toile (92 x 54 cm) de 1919 issue d’une collection particulière. Tout un roman également, au même titre que Mauditgliani !
Femme peintre (1898-1920) au destin tragique connue comme ayant été la dernière compagne de l'artiste dont elle aura une fille, déclarée initialement de père inconnu ; c'est la sœur de Modigliani qui adoptera cette enfant après la mort de ses parents. Modèle préférée du peintre surnommée « Noix de coco » en raison de son teint blanc laiteux contrastant avec sa chevelure châtain aux reflets roux, elle vécut une passion tumultueuse avec Roméo, oups... pardon, Amedeo (tombant amoureuse de lui à l’âge de 19 ans dans la pénombre d'un escalier en décembre 1916, elle était alors étudiante à l'académie Colarossi) au point, en apprenant sa mort, de se suicider deux jours plus tard, en échappant à la vigilance de son frère, le 26 janvier 1920 à Paris vers quatre heures du matin, et ce alors qu'à 21 ans elle était enceinte de leur deuxième enfant et sur le point d'accoucher, en se jetant par la fenêtre du 5e étage de l’appartement de ses parents au n°8 bis rue Amyot dans le 5e arrondissement de la capitale.
- Jeanne Hébuterne, vers 1918. ©Adoc-photos
Chantal Quenneville, qui fut son amie à l'Académie Colarossi (où Jeanne étudia la peinture à partir de 1917), rapporte les faits suivants : « Le corps disloqué avait été ramassé dans la cour par un ouvrier qui l'avait transporté jusqu'au palier du cinquième étage, où les parents épouvantés lui avaient fermé la porte au nez [fervents catholiques et bourgeois, ils désapprouvaient sa liaison avec le caractériel Modigliani, non seulement peintre autodestructeur toujours en mauvaise santé dépendant à l'alcool et à l'opium et sans un sou en poche, amuseur public et provocateur excentrique accablé par les dettes, mais également et surtout juif, à une époque où l'antisémitisme était encore banal, Jeanne avait rompu avec sa famille]. Le corps avait été ensuite transporté par ce même ouvrier, dans une carriole, jusqu'à l'atelier de la Grande Chaumière, où le portier l'avait refusé, déclarant qu'elle n'était pas locataire officielle ». In fine, cet ouvrier se rendit au commissariat où on lui dit de le ramener, sur ordre de la police, rue de la Grande-Chaumière. « Le corps resta là, abandonné, toute la matinée. » Il faudra attendre dix ans pour que les parents Hébuterne acceptent que leur fille soit enterrée avec lui. Le 27 janvier 1920, Modigliani, retrouvé inconscient le 22 janvier 1920 chez lui, dans un atelier au 8 rue de la Grande-Chaumière dont il avait repeint les murs en orange et ocre (l'artiste sera transféré à l'hospice de la Charité où il mourra deux jours plus tard, le 26 janvier), est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris comptant bon nombre de célébrités (Jim Morrison des Doors, entre autres !), accompagné des artistes de Montmartre et de Montparnasse, dont Picasso, Soutine, Vlaminck et Cendrars. De son côté, Jeanne Hébuterne est enterrée le lendemain, au petit jour, au cimetière de Bagneux, en région parisienne (92), dans l'intimité.
Vers la beauté
En guise de postérité, en plus du film romanesque plan-plan de Mick Davis se concentrant sur l'histoire d'amour interdite et tragique de Modigliani/Hébuterne et en attendant celui d'Al Pacino qui devrait mettre en scène, en tant que biopic (Modi, sortie prévue pour 2024, adapté de la pièce du même nom de Dennis McIntyre) qui se concentrera sur 48 heures de la vie de Modigliani dans le Paris de la Première Guerre mondiale (1916), Johnny Depp dans le rôle du célèbre peintre bohème, l'écrivain talentueux David Foenkinos, dans son roman Vers la beauté paru en 2018 chez Gallimard, a fait de son personnage principal, un certain Antoine Duris, gardien de salle au musée d'Orsay proposant justement une expo sur Modi mais aussi professeur d'histoire de l'art aux beaux-arts de Lyon spécialiste de Modigliani en exil à Paris, un admirateur de l'un des portraits de Jeanne Hébuterne peints amoureusement par Amedeo : la contemplation d'un Modi, c'est le début de sa guérison par le beau - ou de… la délicatesse (titre de son livre, 2009, le plus connu adapté au cinéma en 2011 par l’écrivain lui-même sans oublier son frère Stéphane comme co-réalisateur) : les hauts et les (très) bas d'une vie pour l'art, à ses risques et périls. Dans cette optique-là, l'existentialiste Modigliani ajouterait : « Ton devoir est de ne jamais te consumer dans le sacrifice. Ton devoir réel est de sauver ton rêve. La Beauté a, elle aussi, des droits douloureux, qui créent cependant les plus beaux efforts de l'âme. Tout obstacle franchi marque un accroissement de notre volonté, produit par la rénovation nécessaire et progressive de notre aspiration. »
- Couple d’amoureux dans l’expo Modigliani à l’Orangerie, Paris, octobre 2023
- « Tête de femme », 1911-1913, Modigliani (Livourne, Italie, 1884 - Paris, France, 1920), calcaire, Paris, Centre Pompidou, achat 1950
Retour ainsi, avec cet événement culturel fédérateur attirant bon nombre de visiteurs (un monde fou le jour de ma visite, un samedi après-midi), sur « Modi le charmeur », séducteur impénitent qui plaisait tant aux femmes, au-delà de ses peintures sentimentales et voluptueuses et sculptures cubiques en taille directe (superbement brutes, minimalistes et elliptiques). Artiste - ne serait-il pas d'ailleurs, en termes de plasticité percutante (dégager sommairement des têtes de femmes de gros blocs de calcaire), meilleur sculpteur que peintre ? - connu pour ses liaisons orageuses (« Le dessein de l'art, disait-il ayant du mal à se dépatouiller avec la vie de couple, est de lutter contre les obligations ») et ses multiples conquêtes féminines. Rosalie, madone des artistes dans la dèche et propriétaire dans les années 1910 d’un petit resto populaire rue Campagne-Première (Chez Rosalie, apprécié pour sa cuisine italienne bon marché) dans le centre de Montparnasse au savoureux osso bucco qui ravissait tant Amedeo, notait : « Comme il était beau, savez-vous ? Sainte Vierge ! Toutes les femmes lui couraient après. » Les foules également, toujours aujourd'hui : Modigliani superstar !
- « In Lovely Blueness (n°1) », détail, 1955-1957, Sam Francis (San Mateo, États-Unis, 1923 - Santa Monica, États-Unis, 1994), huile sur toile, dépôt du Musée national d’art moderne
En sortant de l’expo temporaire, on croise un très beau - et immense - Sam Francis, peintre californien abstrait (1923-1994), tout en fluidités aventureuses et lyriques. Composition all-over chatoyante de 1955-1957 : In Lovely Blueness (n°1), huile sur toile. On dirait une piscine aux nymphéas de Hockney peinte par Monet ou Mitchell, au choix. Sam'va aussi ! Plongeon(s) dans la peinture. Le mot de la fin à Apollinaire, compagnon de route de Modi et de son marchand Paul Guillaume, dont une très belle citation (1913) orne l'une des cimaises de ce joli musée de l'Orangerie bien connu pour lover les superbes nymphéas panoramiques incurvés du dernier Monet annonçant, comme on le sait, l'abstraction américaine de la seconde moitié du XXe siècle : « Peinture... un art étonnant et dont la lumière est sans limites. » C’est si bien dit.
Amedeo Modigliani, un peintre et son marchand, jusqu’au 15 janvier 2024, musée de l’Orangerie, Paris, en partenariat avec le musée d’Orsay. Commissariat : Simonetta Fraquelli, historienne de l’art, commissaire d’exposition et chercheuse indépendante, spécialiste de l’art du XXe siècle, Cécile Girardeau, conservatrice du patrimoine au musée de l’Orangerie, Paris.
- Anonyme (Paul Guillaume ?), « Modigliani dans son atelier de la rue de Ravignan », photographie, vers 1915, Paris, musée de l’Orangerie, don de M. Alain Bouret, 2011
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