Ce philosophe qui voulait être philosophe
Dans les quartiers nord, se trouve une avenue qui porte le nom d’un homme avec la mention « philosophe » : Alexandre Ansaldi. Certes, de nombreuses rues portent des noms qui nous sont inconnus. Mais celui-ci possède une histoire assez insolite, celle d’un homme autoproclamé philosophe et qui entendait bien être reconnu en tant que tel.
Les plaques de rues, on y fait surtout attention lorsque l’on cherche sa route, encore qu’avec les GPS, on a de moins en moins ce problème. C’est aussi un moyen pour les villes d’honorer la mémoire de personnes et de personnalités qui ont compté au niveau local ou national. On peut souvent voir une place du général de Gaulle ou une rue portant le nom d’un résistant de la Seconde Guerre mondiale. En France, dans le palmarès des noms de rues les plus fréquents on trouve celui de l’Eglise en tête avec 7 965 occurrences. Pour les rues baptisées du nom d’une personne, c’est Victor Hugo le gagnant avec 1 621 plaques.
Et parfois, ce sont d’illustres inconnus qui ornent les coins des façades avec une mention qui précise leur titre. À Marseille, dans le 14ème arrondissement donc, on peut lire sur le bord d’une avenue : Alexandre Ansaldi, philosophe. On en compte une dizaine en France, à Nice, à Martigues, à Montréal de l’Aude, à Perpignan ou encore à Charleroi.
Personne ne se souvient de lui et pourtant à la Bibliothèque Nationale de France on trouve ses ouvrages : Pensées et Maximes éditées en 1968. Pensées… profondes : « Nous aimons nous trouver ressemblant dans un portrait qui nous avantage », « Si le cœur a ses raisons, la raison n’a pas toujours de cœur » ou encore « Chaque jour au cours duquel on n’a rien appris de nouveau est un jour inutile ». Puissant non ? On dirait un extrait de dialogues de « Plus Belle la Vie ».
Décrit comme un « original qui a passé sa vie à l’inventer », on ne trouve quasiment aucune trace de lui sur la toile. Pourtant en cherchant bien on retrouve son nom au cinéma, le réalisateur Radovan Tadic lui a consacré un court-métrage en 1982 intitulé Un petit prince, qui a reçu un prix au festival de Clermont-Ferrant en 1985. Mais on n’en sait pas bien plus.
On dit de lui qu’il était prince, bien évidemment c’est faux. La farce est tout de même sophistiquée !
Le pire est que la Mairie est au courant de la supercherie mais qu’elle ne veut pas débaptiser la rue portant son nom…
Rencontre avec un homme curieux.
Pour voir le reportage, cliquez ici.
Juliane Damon-Scowcroft - News of Marseille
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