La portée réelle d’un billet
Il n'est pas de tout repos d'être blogueur !

La libre expression suppose parfois des désagréments.
J'ai reçu à propos d'un même billet des commentaires peu amènes me reprochant ma franchise, ma liberté de ton et l'expression sans nuance d'un point de vue négatif et parfois assassin. Il est vrai que j'ai plus l'habitude de défendre les spectacles que j'aime plutôt que d'enfoncer ceux que je n'apprécie pas. Je ne suis pas critique patenté ; je n'ai aucun intérêt à faire ainsi du tort à des artistes qui ont mis beaucoup d'eux-mêmes dans leur production.
Si j'ai écrit, cette fois, c'est que j'avais été choqué par la nature même du concept et la forme particulière qu'avait prises ce triste moment. J'ai essayé de ménager les deux artistes accompagnant l'homme qui déballe des souvenirs intimes d'une autre personne. Voici où se situe alors mon tort : je n'ai pas réussi à préserver ceux qui étaient embarqués dans la galère …
Mais que diable, mes pauvres billets sont juste l'expression d'une opinion sans autre valeur valeur que la petite attention accordée par une poignée de personnes puisqu'elle n'émane pas d'un organe de presse. Je m'exprime en mon nom propre sans l'onction d'un titre ou d'une rédaction. Ma prose, si elle déplaît, ne doit ni blesser ni avoir d'importance. Il suffit d'un clic pour l'effacer de la vue : ce n'est pas un journal qui s'impose par le poids de sa diffusion.
Je déplore les remarques ; je suis peiné d'avoir ainsi déçu des personnes qui m'appréciaient. Mais tel est le risque que l'on prend chaque jour en écrivant : il n'est pas possible de plaire à tout moment à moins que de produire uniquement de l'eau de rose à la manière des chroniqueurs télévisuels où tout le monde est beau et toujours gentil.
L'expression d'une opinion suppose qu'elle peut parfois heurter, qu'elle peut tout aussi bien blesser et que là, il est important d'introduire de la nuance et des termes qui demeurent convenables. L'insulte et la vulgarité sont les limites que je m'impose : il n'est pas question de tomber dans ces travers odieux. Mais en dehors de ces pièges affreux, jamais l'expression ne doit se censurer au risque de perdre toute sincérité.
On prétend que l'exercice est vain, qu'il n'a pas de raison d'être puisque émanant de ma seule volonté. C'est sans doute vrai et c'est ce qui dégonfle dans l'instant les réserves ou les critiques que l'on me retourne à propos de la supposée dureté du commentaire. Ce n'est qu'un ballon de baudruche qui se dégonfle le lendemain, qui est oublié deux jours après et qui disparaît bien vite à jamais.
N'accordez pas d'importance à ce qui n'en a pas. Nous autres blogueurs, nous proposons du vent ; nous nous donnons l'illusion d'un pouvoir purement fictif. Les mots s'envolent désormais, nos écrits ne sont rien ou peu s'en faut. Ils sont paroles qui s'échappent et se perdent dans l'immense vide d'un maelström dont le tourbillon ne touche personne.
Gardez donc raison et modération ; laissez le pauvre agité du clavier s'exprimer sans déclencher courroux ou colère pour un mot de travers ou une maladresse que vous seriez seul à remarquer. C'est l'agitation qui fait tourbillon ; le silence et l'indifférence sont les plus sûrs moyens de ne point réveiller le néant dans lequel il se débat.
Dans l'avalanche d'écrits qui tombe chaque jour sur nos écrans, les quelques poussières de phrases qui émanent de votre serviteur ne méritent pas d'être montrées d'un doigt vengeur. Un billet d'humeur passe ; le suivant sera aussi insignifiant que son prédécesseur. La grande et unique certitude de la toile c'est qu'elle n'a aucune profondeur, aucune existence réelle. C'est un monde virtuel, immatériel, superficiel, évanescent, insignifiant.
Laissez-moi donc à mes pauvres écrits. Vous avez toujours la liberté de les ignorer. Je n'impose rien, croyez-le bien. Merci.
Franchement vôtre.
Un commentaire par anticipation ....
Vous avez bien fait de mettre les choses au point . Un blog est un espace de liberté que je sache ! Vous avez déjà viré quelques personnes malveillantes et qui voulaient vous imposer leur point de vue .
Ruez dans les brancards virtuels, prenez le mors aux dents. Vos propos ne sont pas choquants en règle générale. La personne que vous fustigez le plus n'est autre que vous-même !
En l'occurrence, il s'agissait de pointer du doigt l'indécence d'un histrion sénile. On se demande ce que les jeunes gens talentueux allaient faire dans cette galère ; tant pis pour eux ils ont pris le risque, qu'ils l'assument !
Si votre billet a été mal compris bien qu'il fût nuancé, c'est par défaut d'intelligence de la part de ceux qui lisent de travers.
Bonne soirée : ne vous en faites pas trop. Mais l'allergie à la connerie est bien pire que l'allergie aux pollens.
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