La politique face à la crise énergétique
Le but du billet "Humour noir dans un monde de brutes ou d'abrutis" n'était pas pour virer dans l'humour béat mais pour casser la morosité rémanente et de donner de la confiance en soi.
Il y a une semaine, la RTBF se posait la question au sujet des partis belges dont les différences ne seraient reliés qu'à des principes historiques qui sont dépassés aujourd'hui.
Bertrand Henne s'est posé la question "Qu'est-ce qui fait la différence entre les partis ? Deux philosophes non politologues pourraient y répondre. Et si la réponse n'était pas qu'une simple question de principe", conclut-il.
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Aujourd'hui, le problème principal pour les politiques c'est comment résoudre la crise énergétique, les prix de l'énergie qui explosent. Certains pensent même que cela pourrait déboucher sur une crise de la démocratie.
Vendredi dernier, ce furent les questions et réponses des citoyens belges et aussi comment les autres pays parviennent à passer plus facilement cette transition de l'énergie relativement bon marché à l'énergie chère.
Wiki dit : Le libéralisme est un courant de pensée qui prône la défense des droits individuels (isonomie, liberté, sécurité, propriété…), au nom d'une vision fondée sur l'individu et la coopération volontaire entre les humains. Le système libéral repose donc sur la responsabilité individuelle dans une idéologie dite de droite et le libertarianisme repose sur l'idée que chaque être humain possède des libertés et droits fondamentaux qu'aucun pouvoir n'a le droit de violer. Le libertarianisme veut limiter les obligations imposées par le pouvoir au profit du libre choix de chaque individu.
Articles annexés : Travail et égalité : la matrice libérale, Tout cela au nom de Darwin, Capitalisme naturel ou artificiel ?
2.Le socialisme (PS)
Wiki dit : Le mot socialisme recouvre un ensemble très divers de courants de pensée et de mouvements politiques, dont le point commun est de rechercher une organisation sociale et économique plus juste.
Articles annexés : La démocratie manipulée par la séduction des nouveaux médias, Jobs contre Flops
3. Le communisme (PTB)
Wiki dit : Le communisme est une organisation politique, sociale, fondée sur la suppression de la propriété privée au profit de la propriété collective.
Articles annexés : Que reste-t-il de Karl Marx ?
4. L'écologie (Ecolo)
Wiki dit : L'écologie politique lutte contre l'uniformisation de la culture et des productions. Elle se bat pour la reconnaissance des minorités et l'égalité de leurs droits. Une de ses originalités réside dans la mise en place de priorités différentes, dans une volonté de remettre le citoyen au centre du débat politique.
Articles annexés : Du déluge aux collapsologues, Cop21, non peut-être, Pourvu que ça dure, Souffle toujours, tu m'intéresses, Le bâton et plus beaucoup de carottes
5. La morale chrétienne et humaniste(Les Engagés)
Article annexé : Le bien et le mal, une question branchée ?
La crise énergétique actuelle
D'après une étude scientifique, les vacances ne servent à rien
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Certainement pour trouver des solutions aux problèmes énergétiques.
Si on se tient uniquement aux principes politiques précisés d'entrée de jeu, on n'est pas encore sorti de l'auberge non plus.
Il n'y a pas de miracle mais beaucoup de mirages avoue le premier ministre belge surtout en politique.
Qu'on se le dise, la situation économique est grave.
Quand la balance des paiements n'est plus en équilibre et qu'il y a des milliards d'euros en déficits, cela la fout mal à la poche du côté du cœur..
On peut temporiser les paiements, les factures et tout le reste mais qu'il faudra finir un jour par devoir les solder et annuler les pertes.
Le pic de l'excitation est à son comble à cause de l'énergie. Le pic de l'extraction du pétrole est un vieux sujet de concertation. Mais qui s'en rappelle encore ?
En mars 2006, l'enquête de Eric Laurent "La face cachée du pétrole" parlait de pic de consommation.
Contrée partiellement par la réponse à la bergère de Pierre Radanne ex-président de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, ne rassuraient pas mais les habitudes consuméristes n'ont pas été envoyées dans la poubelle de l'histoire.
Changer de système en sortant du pétrole, c'est de l'histoire qui sent la naphtaline et on cherche toujours un autre moyen de créer l'énergie de manière satisfaisante et suffisante pour le remplacer pour ne pas mettre son petit pull.
Pendant l'été 2014, le billet "Du noir au feu" raconte qu'on a été à la limite du blackout pour l'hiver. Trois centrales nucléaires sur six étaient déclarées en panne.
En 2022, la fourniture de gaz à partir de la Russie trop exclusive ont radicalisé le problème de l'énergie suite à la déclaration de guerre avec l'Ukraine. L'Europe a décidé de réduire drastiquement les relations commerciales avec la Russie mais sans avoir anticipé comment remplacé le manque à gagner. Duc coup, c'est la panique. Il faut agir dans l'urgence pour boucher le trou béant.
En résumé, les problèmes actuels suite aux prix de l'énergie qui n'ont jamais grimpé aussi haut et aussi rapidement
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L'Espagne et le Portugal ont pu réduire les prix de leur énergie par trois par rapport à la Belgique grâce à un système de subsides
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L'Allemagne change d'optique et de raisonnement avec Olaf Scholz
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Quoiqu'on dise, la question de la hausse de prix de l'électricité n'est pas banale
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Le débat de jeudi sur ARTE posait la question : faut-il une taxe sur les superprofits ?
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La taxation des superprofits ne suffira pas à rendre la facture énergétique payable et acceptable. Des recours sont toujours possibles par des obstacles légaux. Redistribuer l'argent des multinationales de l'énergie aux bénéfices vertigineux, ce serait oublier que le fait de choisir d'être une multinationale n'est pas lié uniquement à l'exportation et l'importation. Une société de ce type peut disposer de ses bénéfices dans un pays pour abaisser les pertes d'un autre dans lesquelles, elle exerce ses activités. Elle n'a pas d'autres frontières que celles qu'elle a choisies. C'est d'ailleurs tout l'art de la guerre d'une multinationale.
L'Etat bénéficie aussi des augmentations de prix des marchandises par le montant des taxes.
On constate immédiatement que transférer des fonds d'un système commercial à un autre n'est pas aussi évident qu'il y paraît.
Le Comité de Concertation (CODECO) du gouvernement belge de mercredi dernier n'a servi à quasiment à rien d'autres que des mesurettes de prolongation déjà enclenchées. Le 5 septembre, les dirigeants des entreprises rencontrent le gouvernement. Le droit passerelle revient dans les idées.
J'écrivais en 2019 : Comment a-t-on pu en arriver là ?
La Société Générale de Belgique fut sans doute la plus importante société qui ait jamais existé en Belgique. Elle était devenue un monstre réunissant une série de sociétés qui n'était pas à l'abris des attaques en Bourse.
Elle n'existe plus depuis 1988, suite à l'OPA de de Benedetti, toutes les productions énergétiques et bien d'autres proviennent de l'étranger et la Belgique se retrouve le dindon de la farce. Tractebel dont il y est question, est une entreprise internationale mais d'origine belge. Elle fournit des services de conseil et d'ingénierie dans les domaines de l'énergie, de l'eau, du nucléaire et des infrastructures pour le groupe industriel énergétique Engie mais français.
On entend que nous serions revenus à une situation d'antan à la grecque.
Tout le monde espère beaucoup dans la réunion des ministres européens du 9 septembre.
En France, le Monde diplomatique a enquêté et a analysé les problèmes spécifiques au pays par la situation historique de manière contradictoire :
Si l'idée de départ que la concurrence ferait baisser les prix du gaz et de l’électricité, au profit des ménages comme des entreprises, il s'est produit l’inverse. Si la reprise chaotique d’une économie bouleversée par la pandémie explique l’origine de la flambée actuelle, la dérégulation génère une augmentation structurelle des prix très inquiétante. Depuis la fin de l’été 2021, les prix de l’énergie grimpent dans toutes les régions du monde. Le tarif régulé du gaz en France a augmenté de 57 % pour les ménages depuis le 1er janvier. En dix ans, l’électricité est passée de 120 euros le MWH à 190 euros. L’inflation dans la zone euro est à son plus haut niveau depuis 2008 et menace particulièrement les personnes précaires et les entreprises. Des commentateurs y voient des raisons conjoncturelles, alors que les vraies causes sont structurelles. La directive de 1996 concernant les « règles communes pour le marché intérieur de l’électricité » a été votée pour gérer ce monopole naturel. Les États membres ont bâti un service public intégré pour assurer la production, le transport et la distribution avec « un marché de l’électricité concurrentiel et compétitif » et en amorçant en plus, la privatisation du gaz. La « séparation patrimoniale » vise à isoler des activités précédemment intégrées au sein d’une même entreprise publique de façon à les rendre indépendantes les unes des autres. La gestion en réseaux est séparée comptablement et juridiquement, pour offrir un traitement « équitable » à tous les producteurs et fournisseurs qui se feront concurrence sur les marchés dérégulés. Le Réseau de transport d’électricité (RTE) et Électricité réseau distribution France (ERDF, à présent Enedis) sont détachés d’Électricité de France (EDF). Ex Gaz de France (successivement GDF Suez et Engie), le réseau de gazoducs à haute pression transféré à GRTgaz et les activités de distribution à Gaz réseau distribution France (GRDF). Les Bourses du gaz et de l’électricité répondant au principe fondateur du modèle néolibéral ont la vocation à remplacer les tarifications encadrées par les pouvoirs publics. Les contrats « à terme » permettaient une livraison différée dans le temps pour un prix conclu à l’avance. Aujourd'hui, ce sont des contrats « spot » des livraisons qui sont choisis en temps réel dans la gestion du réseau « indépendante » qui permet d'acheter du gaz à des pays producteurs et de le vendre aux consommateurs en acquittant un simple péage. Le fournisseur le plus compétitif est celui qui s’approvisionne au meilleur prix et comprime au mieux ses dépenses de fonctionnement. Soumis à la conjoncture, les cours du gaz deviennent très sensibles aux logiques spéculatives qui finissent pas se répercuter sur les consommateurs. La concurrence dans le système électrique se traite avec la quasi-monopole de EDF par les centrales nucléaires. La Commission européenne encourage le système de subvention au tarif d’achat à un prix garanti, bien plus élevé que le coût de production moyen de l’électricité. Financée par tous les consommateurs via une taxe, cette aide proportionnelle à la quantité d’énergie produite vient « sécuriser » les investissements privés. Le tarif et le développement des projets renouvelables électriques devient très lucratif et suscite un véritable engouement, non sans effets pervers comme l’implantation subventionnée et désordonnée d’infrastructures photovoltaïque et éoliennes. Le « facteur de charge » ou taux d’utilisation annuel des moyens de production s'élève à 14,4 % pour le photovoltaïque, 23 % pour le thermique, 26,5 % pour l’éolien, 29 % pour l’hydraulique et 61 % pour le nucléaire. L’offre commerciale « de tarification dynamique », répercutée en temps réel se reporte sur les ménages, les collectivités et les entreprises consommatrices avec le risque de Bourse et des investissements nécessaires au bon fonctionnement du réseau suivant un « ordre de mérite ». Les moins chers sont l’éolien, le solaire, l’hydraulique au fil de l’eau et le nucléaire suivis par les centrales thermiques en reflétant un « coût complet » et optimisé du mix énergétique. Avec la Bourse de l’électricité, le cours du MW/H varie en permanence au fil de la journée en fonction de l’offre et de la demande qui en période de pointe peut offrir des profits faciles aux gestionnaires de centrales thermiques ou hydroélectriques avec l’augmentation du prix du carbone et les fluctuations d’autres marchés par une mécanique complexe. Réclamer un retour de l’énergie dans le giron public au temps long avec la planification des investissements, à des tarifs stables, lisibles et équitables devient un rêve."
La concurrence n'a pas résolu les problèmes d'énergie. C'est un fait.
Et maintenant, on fait quoi ?
C'est la question qu'a envoyé ARTE a tous les citoyens européens
Augmenter la sobriété énergétique puisque la meilleur énergie, c'est celle qu'on ne consomme pas. Tout bénef pour la planète.
Les questions fusent chez les citoyens consommateurs belges...
- Combien de temps cette crise durera-t-elle ?
- Jusqu'au moment où tout redeviendra sous contrôle avec les différents moyens de production d'énergie dont on connait les sources naturelles ou artificielles.
- Que faire quand un contrat d'énergie arrive à échéance ?
Les contrats fixes n'existe plus que chez un fournisseur d'énergie. Comparer les prix est difficile au vu du nombre de paramètres à prendre en compte.
- Pourrait-on augmenter progressivement les prix pour arriver au plus gros consommateurs ?
- Pas aussi simple que cela. La mauvaise isolation des habitations contre le froid et le chaud empêchent de penser à cette solution. C'est parmi les plus pauvres que l'isolation est la moins bonne. Il faut donc une réflexion de fond.
- Les coopératives par les achats groupés pour payer moins cher ?
- N'apporte pas une économie importante.
- Installer le photovoltaïque pour se fournir en électricité, est-ce encore intéressant ?
- Cela dépend de paramètres de positionnement par rapport au soleil.
La numérisation de l'économie par la production capitaliste a créé une situation qui produit plus que nécessaire localement et cela a imposé d'exporter les surproductions et d'importer ce qu'on ne peut produire localement à bas prix.
L'inflation est une résultante automatique pour laisser une certaine rentabilité en soldant les prix de vente au minimum pour évacuer les invendus et pour pouvoir apporter du neuf et utiliser le cash-flow engendré par les ventes dans la production ancienne.
Pour freiner la consommation et la production demande de revoir les principes de la croissance.
Sacré croissance... quand tu nous tiens...
Il faut rendre les productions plus rares, plus spécialisées, plus globales. Cela générerait des prix en augmentation en augmentant la qualité et une rentabilité à l'unité plus importante.
Le capitalisme a permis d'obtenir des prix bas par la quantité et pas par la qualité.
C'est la transition vers une économie plus réfléchie qui va être pénible aux personnes les plus faibles et qui ne pourront plus se payer des produits à bas prix à devoir choisir entre se chauffer ou manger.
Le problème principal, c'est que le système actuel n'est plus compatible avec le défi climatique qui presse en arrière-plan.
Coin de l'humour à la belge
Pendant l'été 2016, un billet posait une question générique "Et si tout était différent" avec des "si" dont je ne prends que trois réponses.
Et si la langue de bois n'existait pas
Aujourd'hui, je sais, ça tombe comme un cheveu dans la soupe.
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Mercredi dernier, Thomas Gunzig disait de ne pas faire confiance dans une série de cas
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Dominique Watrin posait des questions bêtes et méchantes en les commençant par l'adverbe interrogatif "Comment ?".
J'ai envie de prendre le même principe.
Comment faire confiance en des gens qui n'ont pas compris que nous sommes dans un monde de brutes et d'abrutis comme il le disait ?
Comment faire confiance à quelque chose dont on n'a pas encore compris tous les vices cachés et testé en modèle presque réduit avant de mettre en production ?
Comment faire confiance en des gens qui disent "y a qu'à faire des bénéfices" ?
Comment se faire confiance à en soi-même d'ailleurs si on n'a pas subi des échecs et qui par miracle ou par la réflexion, ont pu être transformés en succès pour sortir des solutions aux problèmes inextricables ?
Comment faire confiance à des humains qui n'ont pas encore compris qu'ils faisaient partie de toutes les formes de vie qui ne survivent qu'en insérant des images de prédateurs et de proies qui elles-mêmes peuvent devenir prédatrices à leur tour ?
Comment faire confiance à ceux qui pensent qu'il ne faut pas se défendre pour vivre ou survivre dans de tels contextes ?
Comment faire confiance si on ne sait pas que dans la jungle, il n'y a pas de clés sur les portes des prisons ?
Comment faire confiance à certaines choses transmises de père en fils qui sont à adapter pour répondre à l'évolution continue ?
Comment faire confiance à des dirigeants, sans rechercher des liens avec ses propres potentiels pour espérer s'adapter aux crises. Je me souviens que suite à une maldonne lors d'un payement d'électricité dont l'avertissement ne m'était pas parvenu, je me suis retrouvé avec très peu d'électricité disponible et qu'avant de rectifier, j'ai été pénalisé et obligé de choisir l'utilisation des appareils en séquentiel et non plus en parallèle.
Les problèmes de changement de climat n'ont pas fait émerger l'obligation de changer de mode de vie. Les pénuries d'approvisionnements en énergie feront peut-être sauter le bouchon de champagne dans la sobriété.
Allusion
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