La mort est de moins en moins un sujet tabou. Chacun en parle plus facilement et, en tout cas, avec plus de sérénité. Prévoir ses propres obsèques, est un acte réfléchit pour l’échéance inéluctable.
Dans l’actualité nous apprenons par exemple la mort d’Olivier Ferrand à 42 ans et celle d’Ernest Borgnine à 95 ans. Le premier de devait pas prévoir sa mort, alors que l’acteur devait l’envisager.
Naturellement, ce n’est pas facile de préparer cette dernière étape de ma vie d’homme, ma dernière représentation. Tant qu’à faire, autant le faire correctement, même si on n’assistera pas au spectacle.
En même temps, c’est une charge en moins pour la famille. Avec les nouveaux contrats, l’entreprise se charge de tous, en fonction de vos souhaits et de votre bourse. Leur slogan pourrait être : Mourez, on se charge du reste !
Ne voulant pas mourir idiot (enfin, pas plus que de mon vivant), j’ai poussé la porte d’une des officines du dernier voyage.
Sourire discret de la superbe chargée de clientèle. Sa vue réveillerait un mort (bizarre pour ce commerce …). « Non Madame, je n’ai pas perdu un être cher, c’est pour un renseignement » Disparition du sourire, visage adapté au lieu : froid et triste.
« J’aimerais organiser mes obsèques, pour éviter cette démarche supplémentaire et pénible à mon épouse ». Retour du sourire !
Direction un petit bureau confortable, petite musique douce en fond sonore, petit caféqui réveillerait unmort et ouverture d’un catalogue.
Comme dans une agence de (dernier) voyage, choisissons la cabine avec un lit moelleux et même possibilité d’avoir un hublot. C’est une exposition de cercueils avec des capitonnages des plus agréables. Effectivement, je n’aurai pas mal au dos. Mais est-ce bien le but ?
Mon désir étant de me faire incinérer, je lui demande si trois milles euro, ce n’est pas du gâchis. Changement de catalogue. Bois plus simple mais traité avec des vernis biodégradables. Sa main au feu, la famille ne verra pas de différence.
Pour encore moins cher, il y a le carton. Et oui, le cercueil comme la valise peuvent être en carton. N’en parlons pas aux Pieds Noirs et aux S.D.F….
Ensuite, j’ai eu droit à un véritable inventaire des prestations de la maison :
La présence d’un maître de cérémonie, La mise à disposition des moyens humains et logistiques pour l’organisation des obsèques et accomplissement des démarches administratives. Le transport du corps en indiquant le nombre de kilomètres couverts par le contrat. Le style de corbillard avec le nombre de porteurs….
Il est même possible d’enregistrer un C.D (musique, poème et mes adieux) qui sera distribué aux participants.
La charmante dame ayant pris note de mes souhaits, je dois revenir pour prendre connaissance de plusieurs devis et aborder le financement. Après ces deux heures d’explications, j’étais mort !
Mais non, vous ne me détestez pas. La preuve n’est-elle pas votre intérêt pour ce texte et votre commentaire. D’ailleurs sur mes petits articles, j’évite d’ouvrir la porte aux grossiers personnages. Soyez le bienvenu à bord.
Sans jamais faire la course pour un maximum de commentaires, je propose des textes et les modérateurs décident.
Je n’en sais pas plus que vous, la preuve mon orthographe présente de nombreuses lacunes. Et pourtant, comme les grands malades, je me soigne.
Prévoir ses obsèques à l’avance, quelle idée papybom ! Est-ce
purement administratif ? Il est vrai que rien n’est plus sûr que la mort
et que rien n’est moins sûr que son heure aussi, précautionneux comme vous l’êtes
vous préférez anticiper les formalités. Pourquoi pas, l’intendance étant
toujours lourde à gérer, dans de telles circonstances, pour l’entourage proche.
Mais je subodore que vous savez que le principal n’est point dans la matière du
vaisseau assurant le transport mais bien dans la sérénité, l’instant venu, du
pilote vis à vis de ce nécessaire voyage. Quoi de meilleur préparation que de
sourire à la vie, les mains dans les poches, lors d’une promenade en forêt ou faisant
la fête entouré de ses amis. Cordialement.
J’avoue que ce texte est assez proche de mes préoccupations. Ne pas obliger mon épouse et mes enfants régler dans la précipitation, les détails morbides, me semble plus honnête. Mais pour le levé de rideau, je ne serais même pas spectateur.
Rien ne presse et je laisse juste en blanc la partie office religieux. Mon épouse étant croyante, je lui laisse l’organisation de cette cérémonie. De toute les façons, si cela ne me fait pas de bien, ce ne peut pas me faire de tord !
Mon regret est que le matériel photographique en 1960, n’était pas au niveau actuel. J’ai en tête des images qui, malheureusement, disparaitront avec moi. Avec mes enfants et petits enfants, je suis pour les soirées du style veillée. Et je maudis souvent le Dieu télévision. Partir dans les bois avec mes descendants et revenir crotté, subir les reproches de mon épouse ou de mes brus, un bonheur irremplaçable !
J’ai la nostalgie des bons vieux enterrements gratuits d’antan, comme ceux de mon village, qui sentaient un peu le crottin, le cheval tirant la charrette de circonstance, parfois non sans réticences... On avait tout le temps, entre l’église et le cimetière, de bavarder à son aise et ce n’était pas toujours triste ! Mais enfin tous savaient, même les enfants ce qu’était un mort, et ce que voulait dire mourir L’industrie juteuse des PF, seul secteur qui ne connaît pas le chômage, a tout aseptisé, uniformisé, standardisé Mais l’obsession de la mort, chez nos contemporains, n’en est que plus forte, parce que plus rentrée, plus refoulée... La mort est une chose trop sérieuse pour être laissée aux professionnels
Au cour d’un de mes voyages en Roumanie, j’ai été surpris de croiser un cortège funéraire.
Vu l’encombrement de la route, je me suis garé sur le coté. Une vingtaine de personnes portant écharpes, mais également du pain et du vin, précédé le« Corbillard ». Celui-ci n’était qu’une charrette tirée pas deux bœufs. Vu ma position en hauteur dans le camping-car et la « vitesse » du convoi, le corps était visible car sans couvercle.
Après renseignements, la coutume veut qu’une fois au cimetière, on mange et on boit en présence du défunt. Le couvercle n’est mit en place que pour l’inhumation. Sans la moindre scellée par la police.
C’est peut être la solution à venir, si tu veux gardé tous tes morceaux, après le décès, oh moins le croque mort n’a pas à courir , il pourra agir si il manque par hasard des piéces !
Bonjour Papyboom, Et lorsque vous ne serez plus qu’un tas de cendres grisâtres, on fait quoi de toute cette poussière ? La charmante dame ne vous aurait même pas proposé une boîte à usage unique pour vous mettre sur la cheminée au sortir du four ?
La législation ne permet plus de détenir l’urne funéraire à domicile. Dommage pour ma mémoire. J’imagine la réaction de la veuve d’un incorrigible fumeur :
Ahhh la fabrication des cercueils , que de souvenirs !
Quand les héritiers étaient contents,
Au fossoyeur, au croque-mort, au curé, aux chevaux même,
Ils payaient un verre.
Elles sont révolues, elles ont fait leur temps,
Les belles pom, pom, pom, pom, pom, pompes funèbres,
Prévoir ses obsèques à l’avance permet de pouvoir choisir sa sépulture et d’organiser son propre enterrement, mais c’est aussi peut-être enlever à ses proches ce temps d’occupation d’esprit qui est l’organisation de ce dernier hommage.
Sur le site www.lettrepostmortem.fr il est possible aujourd’hui d’écrire une lettre « post-mortem » afin que celle-ci soit remise à son destinataire après son décés.
Une lettre « discours de funérailles » est également proposée, celle-ci à pour but de laisser des instructions ou de s’adresser par un dernier discours aux personnes présentes lors de la cérémonie.
Il est clair que la mort est un sujet de moins en moins tabou. Prévoir ses propres funérailles est envisagé par de plus en plus de personnes. Cela reste avant tout un acte réfléchi, qui « décharge » la famille d’obligations financières et de certaines démarches administratives. Pour ma part, je n’y avais jamais songé jusqu’au jour où un deuil a frappé mon entourage. Il y a peu, j’ai poussé la porte d’une agence de pompes funèbres, en ayant au préalable pris soin de visiter leur site pour connaitre de quoi il en retournait. Je pense très sérieusement souscrire un contrat obsèques, bien que je n’ai encore que 47 ans. En effet, à notre époque tout peut aller très vite, dans le bon comme dans le mauvais sens..