L’Allemagne, les nouveaux brésiliens de l’Europe ?
Souvenez-vous, nous étions dans les années 80 , et à l’époque l’Equipe de France de Football était emmené par Michel Platini.
Après le Mondial Argentin de 1978, ou elle était sortie au premier tout par le pays organisateur et l’Italie, la sélection de Michel Hidalgo allait brillé 4 ans plus tard, lors du Mondial espagnol.
A cette époque, sa force se situait surtout au milieu de terrain. Platini, Giresse et Tigana éclaircissaient le jeu de leur inspiration. En défense Marius Trésor, Manuel Amoros ou Maxime Bossis démontraient à la face du monde qu’ils n’avaient rien à envier aux meilleurs.
Ce Mondial 1982 se terminera pour ces bleus là par l’historique demi-finale de Seville face à la RFA de Shumacher et Rummenigge.
Deux ans plus tard, le même groupe à de rares exceptions près(départ de Trésor, arrivée de Luis Fernandez), sera de l’épopée qui réussira à remporter le premier titre majeur du football français, le championnat d’Europe des Nations. Emmené par un Platini au sommet de son art (9 buts en 5 matchs), les bleus battent l’Espagne en finale.
Cette génération talentueuse allait vivre sa dernière grande compétition au Mexique en 1986. Après avoir battu facilement les champions du Monde en titre, l’Italie en 1/8ème de finale, ils doivent affronter en 1/4 de finale le Brésil de Socratès, Zico et Careca. Dominés pendant une grande partie du match, le bleus réussissent l’exploit d’éliminer la sélection Auriverde aux tirs au but. Pelé qualifiera quelque peu exagérément cette rencontre de « match du siècle ». L’équipe de France sera éliminée lors du match suivant par l’Allemagne.
Ces bleus là, qui pratiquaient un football Champagne, et qui nous ont offert des émotions que nous n’oublierons jamais, étaient surnommés les « Brésiliens de l’Europe ». Aujourd’hui, à l’heure ou les brésiliens ne pratiquent plus le football samba mais le football s’en va, ou ils se comportent comme des robots sans âme, sans imagination et sans inspiration, on cherche ailleurs les joueurs et les équipes qui pratiquent le football qui nous fait aimer ce sport depuis que nous sommes enfants.
Depuis 2006 et la Coupe du Monde qu’elle a organisé,,il y a en Europe une équipe qui a totalement bouleversé sa façon de jouer, il s’agit bien sur de l’Allemagne.
Face à plusieurs échecs successifs survenus à la fin des années 90 et au début des années 2000, le football allemand a décidé de faire sa révolution. Cette équipe, que nous aimions détester par-dessus tout, et pas seulement pour le souvenir que nous gardons de 1982, mais surtout pour ce football physique et sans grande imagination qui lui permettait de remporter le Mondial 1990, l’un des plus triste de l’histoire au niveau du jeu pratiqué, a su revoir la formation de ses jeunes .
C’est sous l’influence de l’ancien international Jurgen Klinsmann, qui sera le sélectionneur de 2004 à 2006, que l’équipe nationale bouleverse son jeu. Cette équipe, faite de jeunes joueurs, pratique depuis cette période un football offensif et très technique .
Eliminée en demi-finale de son mondial en 2006, cette nouvelle Allemagne séduit les observateurs.
Jugen Klinsmann passe le relais à son adjoint Joachim Löw, qui est toujours là 8 ans plus tard.
Dans cette équipe, qui n’avait jusqu’ici jamais remporté aucun titre majeur tout en se hissant à chaque fois dans le dernier carré des grands tournois, on trouve de nombreux joueurs issus de l’immigration (polonais, turcs, ghanéen, tunisien).
En Allemagne, on commençait à reprocher à cette équipe de ne pas savoir gagner, de manquer de caractère, certains réclamaient même le retour des bonnes vieilles recettes qui ont fait gagner la nationalmannschaft dans le passé. D’autres, comme le ministre allemand de l’intérieur, ont reproché à certains joueurs de ne pas chanter l’hymne national (tiens, tiens) :“Je serais heureux qu’ils reconnaissent leur pays en chantant l’hymne.” .
C’est vrai que de chanter l’hymne prouve que l’on va se donner à fond sur le terrain. Il suffit de voir évoluer les brésiliens pour démonter l’absurdité d’un tel raisonnement.
Mais revenons à notre sujet.
La victoire de l’Allemagne ce dimanche 13 juillet c’est aussi la victoire du football, de l’intelligence de dirigeants qui a un moment donné ont su se poser les bonnes questions pour transformer un modèle qui non seulement ne gagnait plus, mais qui de plus faisait que l’on n’aimait pas cette équipe.
Bien sur cette finale contre l’Argentine n’a pas été simple à remporter, elle aurait très bien pu basculer de l’autre coté. Mais le but qui donne la victoire à l’Allemagne ne symbolise-t-il-pas à la perfection le travail effectué depuis de longues années ?
En effet, le déboulé sur l’aile de Schürrle et le centre parfait pour Mario Götze,qui réussi un geste technique de très grande classe, n’est-il pas représentatif de ce que produit le football allemand depuis maintenant 8 ans.
A contrario, il suffit de voir les gestes techniques qu’ont raté les argentins face au but lors de cette finale pour mieux comprendre le travail effectué par les allemands pendant toutes ces années.
Rien que pour cette différence technique, le titre de Champion du Monde de l’Allemagne est amplement mérité.
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