La FIFA bientôt en crise ?
Nous avons appris ce jeudi par l’intermédiaire de Hans-Joachim Eckert, le président de la chambre de jugement de la commission d’éthique de la FIFA, que les attributions pour lesMondiaux 2018 et 2022, qui auront lieu respectivement en Russie et au Qatar, ne seront pas remis en cause, malgré des éléments « douteux », « de portée très limitée ».
Tout d’abord sur le dossier du Qatar, ou l’on s’interrogeait sur le comportement douteux de deux conseillers, la FIFA conclue que d’après l’enquête menée par Michael J. Garcia, un ex-procureur américain, il n’y a aucun élément qui atteste d’une possible corruption ou d’éventuelles violations graves des règlements.
Sur le Mondial 2018, on apprend que le comité de candidature russe n’a pas pu fournir tous les documents stockés sur des ordinateurs qui avaient été loués puis rendus à leur propriétaire. Le rapport dit : « Le propriétaire a confirmé que les ordinateurs avaient été détruits dans l’intervalle ».
Pour M. Eckert, tout est bien qui finit bien, puisqu’il déclare : « L’évaluation du processus d’attribution des Mondiaux 2018 et 2022 est donc terminée pour le comité d’éthique » .
Rappelons tout de même que malgré la demande de son auteur le 24 septembre dernier, le rapport n’a jamais été publié dans son ensemble, et qu’à l’époque c’est déjà Mr Eckert qui était à l’origine de ce refus, avec pour argument que « publier le rapport d’enquête dans son intégralité mettrait la commission d’éthique de la FIFA, et la FIFA dans son ensemble, dans une situation juridique très délicate ».
Mais les conclusions de M. Eckert ne sont pas du gout de Michael J. Garcia, qui a déclaré :« La décision du président de la chambre de jugement contient plusieurs présentations incomplètes et erronées des faits et conclusions détaillés dans le rapport. J’ai l’intention de faire appel de cette décision devant le Comité d’appel de la Fifa. »
Celui qui fut nommé en 2012 par la FIFA pour faire la lumière sur le vote controversé du 2 décembre 2010, qui a attribué les éditions 2018 et 2022 du Mondial respectivement à la Russie et au Qatar, est surnommé le « shérif de Wall Street », il est avant tout un spécialiste de la criminalité financière et du terrorisme.
D’après la CNN, le FBI qui enquête depuis trois ans sur des faits présumés de corruption, notamment pour le processus d’attribution des Coupes du monde 2018 et 2022, pourrait demander à avoir accès au rapport de Michael Garcia. Il faut savoir que le FBI aurait dans le collimateur plusieurs hauts responsables de la FIFA, grâce notamment aux documents et enregistrements transmis par un ancien officiel de la puissante Fédération.
Que penser d’une telle mascarade ?
Imaginez un peu le scénario. Une organisation demande à un homme indépendant et expérimenté un rapport extrêmement complet, et au final on n’en tire pas les mêmes conclusions que celui qui l’a minutieusement rédigé.
Il est évident que l’on cherche à tout prix à étouffer un scandale de plus à la FIFA.
Il serait pourtant nécessaire de faire enfin le ménage dans l’hyper-puissante Fédération qui est gangrenée par les affaires de corruptions depuis l’ère du trop célèbre président brésilien, Joao Havelange.
Enfin, il devient urgent que la FIFA comprenne que le football se pratique avant tout sur le terrain, que les artistes qui s’y trouvent ne sont pas là pour masquer les actes de dirigeants qui se laissent corrompre pour offrir à des régimes peu respectables des événements qui permettent à leurs dirigeants de parader devant le monde entier.
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