Laure Manaudou : icône et comm
Laure Manaudou a donc annoncé son retour à la compétition et plus précisément son intention de concourir sur « ..100 et

Tout cela en Une et en exclusivité pour le Journal du Dimanche. Evidemment à un an des Jeux Olympiques de Londres la France se prend à rêver d’un nouveau conte de fées avec la sirène des bassins et la nouvelle a été reprise par tous les grands médias.
Laure Manaudou nous explique ce retour par l’envie : « L'envie est revenue de reprendre la compétition » nous dit-elle exactement, même si cette envie semble mesurée puisque dans le même temps elle ajoute « Le
Laure Manaudou n’a plus participé à une compétition officielle depuis décembre 2008 lors d’un meeting à Saint Paul de la Réunion ; elle a arrêté l’entraînement pendant près de deux ans et a eu un enfant entre temps ce qui modifie évidemment la morphologie et donc les sensations dans l’eau. Par ailleurs elle a bientôt 25 ans dans un sport où la précocité est la norme. Dans ces conditions un retour à un niveau international (sans même parler de médailles) serait déjà un immense exploit. Mais continuons notre raisonnement.
Non seulement Laure Manaudou a arrêté la compétition il y’a près de 3 ans mais sa dernière performance significative est encore plus lointaine, en l’occurrence aux Championnats d’Europe d’Eindhoven en mars 2008, quelques mois avant les désillusions de JO de Pékin d’où Manaudou reviendra sans médailles.
Mais ce qui est sans doute le plus parlant pour mesurer les défis qui attendent Manaudou consiste simplement à regarder les temps : les records de Manaudou, qui pour certains étaient à l’époque des records du monde, sur 100m, 200m et 400m nage libre sont les suivants : 57s 41, 1mn 55 sec 52 et 4 mn 2 sec 13. Aujourd’hui les records du monde sur ces mêmes distances (tous battus depuis la retraite de Manaudou) sont de 52 sec 07, 1 mn 52 sec 98, 3 mn 59 sec 15. Cinq secondes d’écart sur 100m, 3 secondes d’écart sur 200m, autant dire une éternité dans un bassin !
Si on regardait les chiffres en « dos » l’écart est un peu moindre mais il reste très important (plus d’une seconde sur 100m et près de 2 secondes sur 200m) et Manaudou nous dit qu’elle ne va pas privilégier le dos…
Ainsi on peut constater que non seulement il faudrait que Manaudou revienne à son meilleur niveau plusieurs années après, ce qui serait déjà incroyable !, mais il faudrait en plus qu’elle progresse significativement pour espérer lutter pour des médailles au niveau mondial…Alors bien sûr on pourra dire qu’il y’a eu l’épisode des combinaisons intégrales en natation et que cela a faussé les temps réalisés ces dernières années mais les différences chronométriques sont telles que le défi reste incroyable.
Dans ces conditions voir Manaudou avec une médaille autour du cou l’année prochaine à Londres relèverait du miracle, il faudrait la réunion d’un ensemble de conditions totalement improbable : une motivation sans faille et le niveau d’entraînement qui va avec, la capacité physique à être significativement plus forte à 25 ans qu’à 20 ans sur des distances courtes (là où le mental et la tactique jouent moins que sur 400, 800 ou
Dès lors on peut se demander ce qui pousse Manaudou à revenir ; soit elle se fait des illusions sur son niveau mais c’est peu probable puisqu’elle s’entraîne à nouveau et peut donc se situer, soit la natation et la compétition lui manquent et c’est le seul plaisir de se retrouver dans les bassins qui compte, soit il s’agit avant tout d’un coup médiatique lui permettant de revenir sur le devant de la scène.
La petite phrase très prudente que glisse Manaudou dans son interview « Je vais attendre de voir où j’en suis dans les trois prochains mois avant de prétendre à quoi que ce soit. » semble en tout cas indiquer que même elle suggère la plus grande prudence quant aux attentes sportives à avoir.
5 réactions à cet article
Ajouter une réaction
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
FAIRE UN DON